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Daniil Kirikov (Easybiz): Le secteur fiduciaire se réinvente

Co-fondateur d’Easybiz, Daniil Kirikov raconte comment son équipe simplifie les services fiduciaires grâce à l’automatisation. Une vision qui bouscule les habitudes du marché luxembourgeois.

Qu’est-ce qui vous a conduit à lancer Easybiz et quel problème résolvez-vous ?

Tout a commencé par une frustration. La création de la première structure professionnelle de Daniil Kirikov au Luxembourg avait réclamé près de six mois et environ cinquante mille euros. Une inertie administrative difficilement compatible avec l’énergie d’un entrepreneur. Les solutions envisagées ensuite n’ont jamais apporté le niveau de simplification recherché. La rencontre avec Aurore Calvi, experte fiduciaire forte de plus de vingt ans d’expérience, a permis une association complémentaire : une maîtrise juridique éprouvée d’un côté, une vision technologique ambitieuse de l’autre. Easybiz s’est construit autour d’une idée claire : réduire l’effort administratif afin de libérer du temps pour la croissance. Le client connecte un compte bancaire, transmet ses factures, puis l’ensemble des obligations – TVA, déclarations fiscales, comptabilité – se traite automatiquement. La structure détient une licence OEC et s’appuie sur une fiduciaire interne capable de couvrir chaque besoin légal. L’avantage déterminant réside dans un moteur technologique conçu pour automatiser des tâches répétitives et permettre aux spécialistes de concentrer leur expertise sur des sujets à forte valeur.

“La plupart des entrepreneurs gaspillent de l’énergie dans des tâches administratives sans valeur.”

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©360Crossmedia/CN

Comment votre modèle de venture studio soutient-il la croissance de sociétés comme Easybiz ?

Le modèle 3F Venture repose sur une véritable logique de venture builder. Daniil Kirikov a fondé sa première entreprise à dix-sept ans, l’a revendue à dix-neuf ans, puis a accompagné des dirigeants durant une décennie. Après la cession de sa société en 2019, il a lancé 3F Venture avec un objectif précis : bâtir des entreprises technologiques grâce à des méthodes reproductibles. Chaque idée doit traiter trois obstacles : manque de capital, manque d’expertise, inadéquation produit-marché. Les concepts passent par des tests rapides et peu coûteux. Les pistes prometteuses progressent vers l’industrialisation ; les autres disparaissent immédiatement. Cette stratégie s’appuie sur une intégration verticale solide : création des actifs, arrivée d’opérateurs associés, maîtrise du noyau stratégique. Easybiz illustre parfaitement cette mécanique, née d’une difficulté personnelle et d’une compétence fiduciaire confirmée. Avec plus de soixante prospects hebdomadaires et un pipeline d’acquisitions déjà actif, la trajectoire vise cinquante millions d’euros de revenus en 2028.

Quel futur imaginez-vous pour le secteur fiduciaire en Europe, notamment au Luxembourg ?

Le marché fiduciaire européen se trouve à l’aube d’une transformation profonde, et le Luxembourg suivra cette dynamique. La concurrence s’intensifie, tandis que les lourdeurs administratives éloignent les créateurs d’entreprise. Dans trois à cinq ans, le secteur se divisera nettement. Les quatre grands cabinets préserveront leur position grâce à leurs réseaux internationaux et à leur puissance en matière de conformité. À l’autre extrémité, des solutions entièrement automatisées soutiendront les freelances et les micro-entreprises. Entre ces deux pôles, une nouvelle génération d’acteurs hybrides progressera rapidement. Easybiz appartient à cette catégorie : une plateforme technologique renforcée par une expertise humaine. Les réponses gagnent en rapidité, les processus deviennent plus fluides, l’expérience client s’améliore. Les cas complexes – restructurations ou fiscalité transfrontalière – continueront d’exiger du discernement, un domaine dans lequel aucune automatisation ne peut se substituer au jugement humain. Les petites fiduciaires rencontrent davantage de difficultés, car la modernisation technologique représente un coût disproportionné. Cette réalité crée des opportunités : plusieurs propositions d’acquisition ont déjà émergé cette année. Le marché se consolide progressivement, même si un simple changement d’identité visuelle ne transforme rien. Easybiz privilégie une autre voie : un service intégré, une gestion intelligente des données et un moteur de croissance capable d’atteindre l’échelle.

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