Pierre Fattebene (FLDE) : Les échecs, une discipline trop ignorée du monde des affaires

Nécessitant sens tactique et stratégie, les échecs semblent tout indiqués pour les hommes et femmes d'affaires. D'autant que les tournois permettent d'étoffer les carnets d'adresse. Pierre Fattebene, président de la fédération luxembourgeoise, invite les décideurs à avancer leurs pions…

Comment se portent les échecs au Luxembourg ?

Fondée en 1931 à Esch-sur-Alzette par les délégués de quatre clubs pionniers, à savoir La Tour de Limpertsberg, l’Échiquier Luxembourgeois situé rue de l’Eau, le club de Luxembourg-Gare et celui d'Esch-sur-Alzette, la fédération rassemble désormais 17 associations. Quatre clubs se distinguent, totalisant 65 titres sur 79 décernés : Gambit Bonnevoie (24), Dudelange (20), La Tour (13) et De Sprénger Echternach (8), d'ailleurs champion en titre. Sur le plan individuel, Charles Doerner collectionna 11 titres de 1935 à 1952, Josy Feller et Norbert Stull six titres chacun. Aujourd'hui, des maîtres internationaux portent haut les couleurs luxembourgeoises, tels Michael Wiedenkeller et Fred Berend, et trustent évidemment les titres individuels au niveau national. Chez les féminines, Elvira Berend possède également le rang de grand-maître, détenant brillamment le titre de championne du monde des plus de 50 ans. Avec un autre grand-maître international, Alberto David, notre élite a valeur de locomotive pour 750 joueurs licenciés, dont 70 féminines et 200 jeunes.

"Sens de la stratégie et de la tactique, bonnes bases théoriques… Autant d'éléments et de qualités communes au jeu d'échecs et au business ! "

 

Quels liens peuvent réunir les échecs et le monde des affaires ?

Il m’apparait nécessaire d'établir un distinguo entre la pratique du jeu elle-même, et les effets positifs induits par les événements nationaux et internationaux. Sur ce dernier point, je regrette que le Luxembourg compte trop peu de joueurs appartenant au milieu des affaires. Deux conséquences en découlent. Notre discipline est peu soutenue en termes de sponsoring pour organiser des grands rendez-vous comme des tournois ou championnats. Ensuite, contrairement à ce que l'on observe à l'étranger, des décideurs ne peuvent profiter des échéances nationales et internationales pour parfaire leur réseau, étoffer leur carnet d'adresse, notamment dans les Pays de l'Est où la fédération internationale compte nombre de relais. A propos du jeu, il nécessite un sens aigu de la stratégie, de la tactique, et bien sûr des bases théoriques. Autant d'éléments que des hommes ou femmes d'affaires possèdent et doivent cultiver utilement !


Quels conseils donner à un décideur souhaitant débuter ?

 

Une fois conscient que le jeu d'échecs paraît parfois compliqué mais demeure accessible, des millions d'hommes et de femmes en témoignent, une forme de patience semble nécessaire. Les premiers succès viennent avec le temps et l'expérience. Les échecs ressemblent à une bataille entre deux armées. Le vainqueur doit développer la meilleure stratégie et la meilleure tactique. Ces qualités parfois innées se cultivent aussi sur le long terme. Jouer demande par ailleurs de disposer d'un certain temps. Il existe trois types de parties : normales - jusqu'à deux heures et demie par joueur -, rapides - entre 10 et 30 minutes - et les Blitz, où chacun dispose de 5 minutes pour jouer. Avec un minimum de volonté et de temps, un homme ou une femme d'affaires éprouveront beaucoup de plaisir lors des compétitions, nationales ou internationales, et s'ouvriront à d'autres univers, intellectuellement comme professionnellement. Je les invite à nous rejoindre. La fédération leur réservera un excellent accueil. Sur le site de la fédération, ils trouveront le club le plus proche.

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