Martin Fourcade : Un mental en or

Révélé en 2010, le Français collectionne aujourd’hui les titres et s’affirme comme le meilleur biathlète de sa génération. Le double médaillé d’or à Sotchi continue d’allier son amour pour le sport et la nature, et il ne semble pas prêt de s’arrêter là.

 

La vie d'un champion du biathlon ressemble à un sacerdoce rythmé par des entraînements douloureux et des privations. Quelles satisfactions en tirez-vous ?

Les sacrifices font partie de la vie du sportif de haut niveau. Cependant, je ne pourrais pas y consentir depuis tant d'années si la balance n'était pas équilibrée avec le plaisir tiré de cette vie particulière. Les compétitions et la réalisation de mes objectifs m'offrent bien sûr un bonheur immense, mais ce plaisir est aussi présent au quotidien en pratiquant le sport que j'aime dans un environnement privilégié.

 

Comment trouver la limite entre une charge d'entraînement suffisante pour battre les meilleurs sans risquer des blessures ou le burnout ?

Le repos fait partie intégrante de l'entraînement pour encaisser ces charges d'un point de vue physique mais aussi mental. Je fais donc très attention à cet équilibre qui me permet d'atteindre mon meilleur niveau.

 

Quelle est la clé pour bien tirer sous pression (et essoufflé) ?

Plus jeune, je pensais qu'il y avait des secrets permettant de bien tirer. Avec l'expérience, j'ai appris que le seul secret était l'entraînement et la répétition. Il en va de même pour le tir essoufflé. Pour gérer la pression, le fait de m'être retrouvé de nombreuses fois en position de gagner est un réel atout car cette situation m'est devenue familière.

« J’aimerais gagner le classement général de la Coupe du Monde sept fois. »

Martin Fourcade

Puissance, endurance, taille, glisse… Quel est le morphotype du champion de ski de fond ?

Mesurer plus d'1m80 est depuis quelques années une caractéristique des nombreux prétendants au podium. Cependant, le biathlon est un sport d'adaptation, aux conditions comme au terrain, et permet donc une grande diversité d'athlètes aux qualités physiologiques différentes. 

 

À 27 ans, vous avez déjà éclipsé Raphaël Poirée des tablettes. Quels objectifs vous fixez-vous encore à part d’égaler le record de globes d'Ole Einar Bjørndalen ?

Égaler le nombre de victoires de Bjørndalen n'a jamais été un objectif car cela nécessiterait une longévité que je ne souhaite pas atteindre. Mais d'autres objectifs et records me passionnent plus : j’aimerais par exemple gagner le classement général de la Coupe du Monde sept fois. Il reste encore de très belles choses à faire !

 

 

Le biathlon est un sport où l'EPO et les bêtas bloquants pourraient faire une différence. Comment vous protégez-vous du dopage ? 

Je n'ai pas besoin de me protéger du dopage. Je suis persuadé que mes principaux adversaires sont, comme moi, performants sans avoir recours au dopage mais le biathlon n'est pas épargné : de nombreux athlètes sont contrôlés positifs chaque année. Cela dit, avec la fréquence des compétitions, il est impossible de passer au travers des contrôles en étant performant sur la totalité de la saison. Pour ce qui est des bêtas bloquants, vu l'importance du ski dans notre discipline, je ne pense pas que beaucoup d'athlètes aient essayé !

 

Combien gagne un champion de biathlon ? Quelles perspectives anticipez-vous après la fin de carrière ?

Les revenus des biathlètes dépendent des primes de compétition mais également des contrats de sponsoring. Ils sont donc très variables en fonction des résultats et de la notoriété des athlètes. J'ai la chance d'avoir fidélisé des partenaires qui me font confiance et me permettent de me consacrer uniquement à mon sport. Pour la suite, j'espère avoir encore un peu de temps avant de penser à cela !

  

Facts & Figures:

- Taille : 1m85

- Poids : 80 kg

- Signe(s) particulier(s) : Aucun

- Heures d'entraînements par jour : 4 à 6 heures

- Jours d'entraînements par semaine :  6 jours sur 7

© 360Crossmedia

Screenshot 2020-07-10 at 12.51.48.png