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Johan Bierebeeck (GraydonCreditsafe): La puissance de la donnée structurée dans la gestion du risque

Dans un paysage où la donnée abonde sans toujours éclairer, la capacité à distinguer l’essentiel du superflu devient stratégique. Johan Bierebeeck, Country Manager chez GraydonCreditsafe, révèle comment la donnée structurée transforme l’analyse du risque et permet aux entreprises de décider avec plus de précision, de confiance et de transparence.

Pourquoi la qualité des données est-elle plus importante que leur quantité dans les données d’entreprise ?

La conviction selon laquelle des volumes importants produisent de meilleurs enseignements induit souvent les organisations en erreur. Johan Bierebeeck met systématiquement la précision au premier plan. Des données peu fiables encombrent les systèmes, mobilisent les équipes pour des corrections inutiles et réduisent la valeur attendue. Des comptes annuels structurés fournissent au contraire une base solide, puisqu’ils reflètent clairement la situation financière d’une entreprise et soutiennent des prévisions fiables. Grâce à ces documents, les analystes modélisent la résilience d’une activité, notamment sa capacité à absorber un choc de marché selon ses réserves de trésorerie. La période du Covid a illustré cette nécessité. L’examen des comptes permet également d’évaluer la solvabilité, de repérer d’éventuelles incohérences et d’anticiper des fragilités. Beaucoup d’entreprises exploitent encore des données dont l’origine ou l’actualité restent incertaines. Une sélection ciblée de documents structurés suffit pourtant à entraîner des modèles prédictifs performants, renforcer la confiance et clarifier les décisions.

“Mieux vaut disposer de données fiables que de données nombreuses."

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©360Crossmedia

Comment les entreprises peuvent-elles accéder plus efficacement aux informations publiques et les traiter ?

L’accès aux données publiques, comme les comptes déposés au Luxembourg, devrait s’effectuer facilement. Le portail du LBR utilise pourtant des CAPTCHAs complexes et divers obstacles techniques qui freinent toute automatisation. Des API permettent malgré cela d’accéder aux informations essentielles : dates d’immatriculation, statut juridique, code d’activité ou publications quotidiennes concernant les modifications structurelles et les actionnaires. Ces documents arrivent souvent au format PDF. Leur lecture manuelle faisait autrefois partie du processus, alors que l’intelligence artificielle extrait désormais les indications pertinentes contenues dans ces fichiers non structurés. Les équipes de GraydonCreditsafe appliquent cette technologie pour analyser des annexes comptables, identifier des participations ou déceler des liens étrangers afin d’évaluer certaines expositions géopolitiques. La méthode atteint environ 80 % d’exactitude, complétée par une validation humaine lorsque des lacunes apparaissent ou que les formats divergent. Cette automatisation soutient la conformité, assure un accès continu à une donnée actualisée et facilite son exploitation dans un environnement réglementaire dynamique.

Quel rôle les données jouent-elles dans l’identification des bénéficiaires effectifs et des structures cachées ?

La transparence autour des bénéficiaires effectifs représente un défi croissant. Le registre public luxembourgeois offrait auparavant une visibilité étendue, mais des décisions judiciaires récentes ont limité cet accès. Une reconstruction reste néanmoins possible. L’analyse des structures de participation révèle déjà des indications utiles. Dans une SARL, les associés figurent dans les documents, et un contrôle supérieur à 50 % permet d’identifier clairement le bénéficiaire effectif. Les situations plus complexes, notamment celles impliquant des sociétés anonymes ou des actionnaires étrangers, requièrent une analyse plus large. Le réseau international de GraydonCreditsafe devient alors décisif. Grâce à des “data factories” présentes dans seize pays et à une couverture dépassant 200 juridictions, la société recoupe plusieurs sources afin de reconstruire des réseaux d’influence. Cette méthode évoque certains réseaux sociaux où des connexions indirectes révèlent des liens sous-jacents. Même si cette reconstitution n’atteint pas toujours une exactitude totale, elle fournit un appui solide aux équipes de conformité, améliore la prise de décision et sécurise l’intégration de nouveaux partenaires.

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