Marc Lauer (INDR) : Plateforme RSE  

Marc Lauer, président de l'INDR, considère la RSE comme une opportunité pour chaque entreprise d'améliorer sa gouvernance, de renforcer son engagement envers la société et de réduire ses impacts environnementaux. Interview. 

 

Pouvez-vous présenter l'INDR en quelques mots ? 

 

L'INDR (Institut National pour le Développement durable et la Responsabilité sociale des entreprises) a été créé en 2007 par l'UEL, association patronale luxembourgeoise, avec pour mission d’assister les entreprises dans leurs pratiques RSE. Il les aide à contribuer au développement durable et à améliorer leur compétitivité et leur image. À cet égard, l'INDR offre aux sociétés un soutien complet avec le programme national ESR-ENTREPRISE RESPONSIBLE. Celui-ci englobe la sensibilisation des entreprises, l'évaluation de leur niveau de maturité en matière de RSE et, si elles le souhaitent, l’obtention du label ESR après contrôle externe. En outre, l'INDR assure la promotion de la RSE au niveau institutionnel. Il fait fonction de centre de compétence national assurant la veille des publications et des ressources académiques sur les relations entre le monde économique et la société. L’institut réunit les principaux acteurs du développement durable et produit de nouvelles connaissances sur la RSE. En tant que groupe de réflexion et organisme de normalisation, l'INDR élabore des recommandations et des conseils à l'intention des entreprises et des autres parties prenantes. 

Une entreprise ne peut pas se transformer sans un leadership volontaire et la volonté d'aller de l'avant. ” 

Quels avantages apporte la RSE aux entreprises ? 

 

La RSE représente pour chaque entreprise une bonne occasion d'améliorer sa gouvernance, de renforcer son engagement envers la société et de réduire son empreinte écologique. Elle offre une approche cohérente pour répondre aux problèmes opérationnels de l’entreprise et lui fournir des solutions durables et résilientes, aussi profitables à elle-même qu’à son environnement. Cela inclut, notamment, la santé du personnel, l'innovation, la transparence, l'empreinte carbone, les droits de l'homme, la chaîne d'approvisionnement responsable, les salaires équitables, l'employabilité, etc. La RSE produit un impact très fort sur la connaissance. Le fait de mieux traiter les individus influe sur leur perception du travail, leur bien-être, leur motivation, leur engagement et leur productivité. En matière de processus, la RSE protège les ressources stratégiques, améliore les relations avec les circuits d'approvisionnement, augmente l'efficacité des tâches, etc. Elle favorise également les améliorations continues, la qualité, l'innovation, l'économie circulaire et le développement de produits écologiques. Un positionnement éthique et une transparence accrue renforcent l'image de marque et la confiance des acteurs. Leur réputation se bonifie, la fidélité des clients s'accroît, et ils acquièrent un avantage concurrentiel. Enfin, les intérêts financiers n’échappent à personne : les nouveaux marchés génèrent plus de ventes, les biens et services responsables augmentent les marges. Tout en se rendant plus résiliente, efficace et efficiente, l'entreprise réalise en outre des économies, gère les risques et réduit ses coûts.  

 

Quels obstacles majeurs peuvent freiner les entreprises dans leurs efforts en matière de RSE ?  

Une entreprise ne peut pas se transformer sans un leadership volontaire et la volonté d'aller de l'avant. En ces temps de crise, de nombreuses sociétés se battent pour survivre et ne considèrent pas la RSE comme une priorité. Elles pourraient pourtant intégrer la RSE dans leur politique en déléguant cette tâche à une personne spécialement formée et mandatée pour le faire, avec les ressources nécessaires. Parfois, les entreprises veulent tout faire en même temps. Mais, dans un premier temps, elles ont intérêt à s'appuyer sur ce qui existe déjà. Par exemple, si une société a mis en place une bonne stratégie de santé et de sécurité au travail, elle peut la développer en y incluant le bien-être, puis ajouter les droits de l'homme et les politiques RH, etc. Elle fixe ainsi des priorités utiles pour l'entreprise et ses partenaires, ancrées dans une démarche d'amélioration continue. Le programme d'accompagnement de l'INDR, et plus particulièrement le Guide ESR, insiste fortement sur ces points.