Johann-Dietrich Wörner (ESA) :En route pour Mars et Mercure

Dans cette interview, le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Johann-Dietrich Wörner décrit le mandat de l’agence, les projets captivants de l’ESA et de la valeur ajoutée du Luxembourg dans le secteur de l’exploitation minière spatiale. 

 

Pouvez-vous nous décrire l’ESA en quelques mots ?​

L’ESA est une agence intergouvernementale. Elle ne fait pas partie de l’Union européenne mais agit en tant qu’organe indépendant. Elle se compose des 22 États membres ayant accepté la convention de 1975 pour la création de l’agence et son intégration dans les législations nationales. L’Agence spatiale européenne a deux objectifs spatiaux principaux. Le premier : suivre les programmes obligatoires auxquels contribuent tous les États membres en fonction de leur produit intérieur brut. Ils incluent les activités de base de l’agence comme l’analyse des futurs projets, la recherche technologique, les investissements techniques partagés, les systèmes d’information et les programmes de formation. L’autre objectif de l’ESA consiste à mettre en œuvre les programmes facultatifs. Chaque état membre peut décider de son niveau de participation au financement de ce type de programme.

Ils comprennent l’observation de la Terre, les télécommunications, la navigation par satellite, le transport spatial, la science, la robotique et l’exploration humaine, ou encore la participation à la Station spatiale internationale.

« BepiColombo est la première mission sur Mercure, la planète la plus proche du soleil. »

 

L’ESA s’est associée avec le Luxembourg. Quelles opportunités voyez-vous dans ce choix ?

Chacun des 22 États membres amène une valeur ajoutée aux programmes de l’ESA. Le Luxembourg est particulièrement actif dans le projet ARTES (Recherches avancées dans les systèmes de télécommunications) de l’ESA, une initiative visant à traduire les programmes de recherche et de développement en produits commerciaux concrets et viables. Le Grand-Duché est un moteur du secteur de l’exploitation minière spatiale et joue un rôle crucial pour faciliter le dialogue entre les États membres. Grâce aux efforts du Luxembourg, l’ESA lancera une étude de faisabilité et de maturité technique sur l’exploration et de l’utilisation des astéroïdes. 

 

Quels sont les principaux défis de l’ESA pour l’avenir ?

BepiColombo est la première mission à destination de Mercure. C’est un projet fascinant, lancé en 2018, avec pour objectif d’atteindre la planète la plus proche du soleil. Si nous y parvenons, ce sera déjà une grande étape. Le véritable défi serait alors de rassembler des données pendant un an avec un vaisseau spatial exposé à des températures de 350°C. Nos équipes doivent pour cela résoudre un certain nombre d’obstacles techniques. 

La deuxième phase du partenariat entre l’ESA et l’agence spatiale russe ExoMars sera lancée en 2020 avec en point de mire une mission d’observation atmosphérique qui comprendra une station relais et le déploiement d’un rover. Dans le cadre de ce programme, notre objectif est de rechercher du méthane et des signes potentiels de vie sur Mars. 

L’ESA travaille enfin sur son lanceur Ariane Vega, pour livrer plusieurs charges utiles dans des formats variés, contrairement à d’autres lanceurs plus petits. Vega sera donc idéalement placé pour répondre aux besoins changeants du marché et pour que l’Europe reste un acteur pertinent dans un environnement international de plus en plus concurrentiel.