Jerome Bloch (360) : Communication et croissance à l’ère de l’I.A.
360 célèbre son 25e anniversaire. Jerome Bloch, son fondateur, a accepté de partager son analyse du passé et de l’avenir.
Pouvez-vous résumer 25 ans en quelques mots ?
Tout a commencé par un rêve un peu fou. Je suis arrivé au Luxembourg en 1996, très heureux en tant que golfeur professionnel, mais en échangeant sur les parcours avec des professionnels de la communication comme Bob Kneip ou Jean-Luc Mines, j’ai compris que la communication était mon deuxième rêve, au-delà de pousser une petite balle de golf dans un trou lointain. 360 a démarré avec des événements au Luxembourg, en France et en Belgique. Puis, en 2006, nous avons diversifié avec les magazines, en créant Andy à Paris, ce qui a donné naissance à Duke, LuxembourgOfficial et à des magazines corporate entièrement financés par la publicité. Lors de la crise de 2008, nous sommes passés en mode full digital avec MyOfficialStory, et nous avons "cassé Internet" en inventant le www.360-box.com en 2017, un studio vidéo automatisé et portable qui change la donne pour nos clients et pour nous. Avant cela, enregistrer une vidéo coûtait une fortune et prenait jusqu’à 5 jours. Désormais, tout est immédiat, pour quelques euros. Notre portée sur LinkedIn est passée de 500 000 à 15 000 000 en 3 ans.
"Trois innovations majeures ont tout changé depuis 2000 : 1. La démocratisation de l’édition. 2. Les données. 3. L’I.A."

©360Crossmedia/MA
Quelles évolutions majeures avez-vous observées en 25 ans ?
L’an 2000 semble remonter à 200 ans. Des fichiers de 10 Mo étaient envoyés par la poste sur un CD-ROM. L’imprimeur vous faisait choisir votre police avec des caractères en plomb. On utilisait des antiquités comme le Rolodex et on parcourait des centaines de kilomètres pour collecter des cartes de visite. En résumé : un monde sans LinkedIn, Facebook, Salesforce, Dropbox, WhatsApp, InDesign, Teams, etc.
Trois grandes innovations ont clairement changé la donne :
1. La démocratisation de l’édition. On est passé directement de Gutenberg à Zuckerberg. En 2000, un éditeur ou le Wort décidait si vous étiez digne d’être publié. Aujourd’hui, n’importe quel individu, ASBL ou entreprise peut diffuser ses propres posts, programmes TV ou magazines corporate et les financer par la pub.
2. Les données. Elles étaient rares et coûteuses, aujourd’hui tout le monde peut y accéder, plus ou moins gratuitement. Un exemple : pour notre classement LuxembourgOfficial Top150, nous explorons l’intégralité du registre de commerce luxembourgeois. En un clic, je peux voir comment se porte n’importe quelle entreprise du pays, au-delà de toute récompense absurde ou opération de P.R.
3. L’I.A., évidemment.
N’avez-vous pas peur que l’I.A. ait un impact sur votre entreprise ?
C’est tout le contraire ! 360 est transformée par l’I.A. pour le meilleur. Nous l’utilisons à tous les niveaux, en toute transparence : génération de contenu, exploration de données, doublage vidéo, codage. Nous avons été les premiers à publier une vidéo parlementaire de notre Premier ministre, Luc Frieden, en anglais avec sa propre voix, générée à partir d’une vidéo uniquement enregistrée en luxembourgeois. Le secret de notre résilience, c’est que nous ne vendons jamais de services à faible valeur ajoutée : nous refusons de faire du posting LinkedIn pour des tiers. Aucun community management. Aucune maintenance de site web. En bref : nous refusons de vendre ce que nous n’achèterions pas. À la place, nous dotons nos clients des bons outils et de la bonne formation. Et nous construisons des relations durables à travers des services à forte valeur ajoutée, qui génèrent un impact mesurable. Pensez “Responsabilité forte”. Je n’ai jamais rencontré un CEO ou un marketeur qui refuserait de dépenser 10 € pour générer 30 € de valeur. L’I.A. rend simplement nos clients plus efficaces et renforce notre collaboration à long terme ! Car après 25 ans d’entrepreneuriat, j’ai retenu deux grandes leçons :
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La culture est l’atout le plus précieux de toute entreprise.
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Le seul produit que toute entreprise vend, c’est la confiance.
"En bref : nous refusons de vendre ce que nous n’achèterions pas."
Referiez-vous les choses différemment si c’était à refaire ?
Tout ! J’ai commis toutes les erreurs possibles. Le “syndrome d’Atlas”, le “lead by example” à outrance, le “manque de focus”. Mais je comprends : il faut du temps pour construire quelque chose de significatif. Et aujourd’hui, toute l’équipe dirigée par Carole Hoffmann est fière d’entamer un nouveau chapitre pour les décennies de croissance à venir !

