John Parkhouse (PwC Luxembourg) : Partager le fardeau de l'ESG

Selon John Parkhouse, CEO et Senior Partner chez PwC au Luxembourg, l'agenda ESG prend trop d’ampleur pour que les décideurs politiques puissent à eux seuls le mettre en œuvre. Il en conclut que les entreprises doivent partager le poids des changements sociétaux nécessaires, non seulement en dialoguant, mais aussi en prenant les bonnes décisions.

 

A quel point l'ESG revêt-il de l’importance, pour vous et pour PwC ?

 

En tant que père de deux enfants, je vois se dessiner les impacts à la fois sur leur avenir, et celui de la jeunesse d'aujourd'hui. L'ESG constitue un outil entre nos mains, en particulier pour affronter la crise climatique. Mais si nous n’agissons pas, l’occasion sera passée. Selon moi, pour PwC, l’ESG au sens le plus large représente une incitation à comprendre, avec nos clients, comment nous pouvons contribuer à résoudre les problèmes sociétaux auxquels nous nous trouvons confrontés aujourd'hui. Les inégalités n'ont jamais atteint de tels niveau et chaque année, le climat devient un problème plus important. En un mot, les sociétés se doivent d'instaurer la confiance entre les parties prenantes en garantissant des résultats durables en termes d'impact à long terme sur l'entreprise, les personnes et notre planète.

“Les sociétés se doivent d'instaurer la confiance entre les parties prenantes en garantissant des résultats durables.” 

Comment aidez-vous les autres à prendre leurs engagements et à les tenir ?

 

Nous aidons les sociétés à prendre conscience de l'ampleur des exigences ESG. La charge du changement sociétal est devenue trop importante pour incomber aux seuls décideurs politiques : les entreprises doivent jouer un rôle majeur. Je n’évoque pas uniquement un dialogue commercial, mais aussi le fait de montrer l’exemple en prenant les bonnes décisions, notamment en établissant les bons rapports sur notre activité. En 2015-16, nous avons commencé à dialoguer avec nos partenaires pour comprendre comment nous pouvions les assister dans leur parcours. Nous avons cherché à savoir comment faire de l'ESG quelque chose allant au-delà d’un problème de conformité ou de rapports. Nous avons voulu voir l’ESG comme quelque chose de bénéfique pour l'entreprise et déterminer comment PwC pouvait apporter de la valeur ajoutée à ses clients dans cet espace. Nos clients y trouvent un intérêt appréciable. Non seulement nous leur apportons le savoir-faire technique nécessaire, mais nous partageons aussi notre propre expérience de la manière de mener le changement dans l'ensemble de l'organisation. Nous les aidons à franchir les obstacles afin d’intégrer la durabilité dans la stratégie de base de l'entreprise. Nos experts aident donc nos clients à définir la stratégie, à transformer l'entreprise et à s'assurer que les rapports reflètent correctement ce qui est réalisé.

 

Quels défis et opportunités identifiez-vous dans les cinq prochaines années ?

 

Beaucoup de nos clients traversent une situation très difficile en raison du COVID. Ils essaient d’abord de voir s'ils peuvent survivre aux prochains mois. Alors, penser à la diversité et au sauvetage de la planète tient plutôt de la chimère. À plus long terme, nous devons faire face à la déconnexion entre les bailleurs et les consommateurs de capitaux. Un contraste frappant existe entre le secteur des services financiers et l’économie réelle. Pour le premier, l'ESG apparaît à la fois comme un défi technique et une opportunité. Pour la seconde, des défis très importants se posent dans certains domaines, mais les effets positifs s’annoncent tout aussi importants pour les partisans d’une transformation réelle. Dans l'ensemble, nous constatons une convergence de pressions sur toutes les entreprises : de la part des financiers, des clients, de leurs employés et de leurs futurs talents.  Cette tendance sans précédent me rend très optimiste sur le fait que les entreprises se mobiliseront et opéreront la transformation massive indispensable à un changement significatif.