Julie Becker (Bourse du Luxembourg) : LGX et le développement de la finance verte

Julie Becker, membre du comité exécutif de la Bourse du Luxembourg, présente le Luxembourg Green Exchange, ainsi que le rôle prépondérant du Grand-Duché sur le marché des titres verts cotés en bourse.​


Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots le Luxembourg Green Exchange ?

Inauguré en 2016, le Luxembourg Green Exchange, ou LGX, constitue la première plate-forme au monde à afficher exclusivement des instruments financiers verts et la première à rendre obligatoires les meilleures pratiques du secteur pour ce qui concerne les titres écologiques. Conçue au départ pour proposer uniquement des obligations vertes, LGX a connu un succès tel qu'il s’est rapidement avéré nécessaire de créer plusieurs créneaux supplémentaires et de proposer, en outre, des obligations sociales et durables, ainsi que des fonds d’investissement verts, ESG ou sociaux. Les résultats nous encouragent grandement à cet égard puisque nous dénombrons 190 titres de plus de 50 émetteurs à travers le monde. En outre, nous affichons plus de 50 % de toutes les obligations vertes cotées en bourse à l'échelle mondiale. Les obligations cotées sur LGX contribuent à la réalisation de 15 des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU, tels que définis par les Nations Unies.

"L'Agence internationale de l'énergie estime que d’ici 2050, la dépense annuelle nécessaire pour financer des projets à faibles émissions de carbone s’élèvera à 1000 milliards de dollars."

 

Pourquoi le Luxembourg ?


Notre bourse ne ressemble à aucune autre. Depuis le début, nous avons participé activement au développement du marché des obligations vertes. En 2007, nous avons coté en bourse la toute première obligation verte, le Climate Awareness Bond de la Banque européenne d'investissement. Depuis, grâce à une croissance significative, nous représentons la place de cotation privilégiée par les émetteurs supranationaux et les banques multilatérales de développement (BMD), et nous figurons désormais en tête du marché en termes de volume de titres verts cotés. Lorsque la première obligation verte souveraine au monde, émise par la République de Pologne, rejoint LGX à la fin de 2016, le ministère polonais des Finances commente par écrit son choix du Luxembourg comme suit : « La récente mise en place du LGX constitue la preuve d'une approche ouverte aux besoins des marchés financiers. Nous ne pouvons que recommander la Bourse du Luxembourg comme place boursière tant notre coopération a toujours été fluide et très productive. »


Quel impact anticipez-vous à moyen et long terme ?

L'Agence internationale de l'énergie estime que d’ici 2050, la dépense annuelle nécessaire pour financer des projets à faibles émissions de carbone s’élèvera à 1000 milliards de dollars. Nous savons que les banques seules n’ont pas la capacité de financement nécessaire. Par conséquent, les entreprises et les gouvernements se tournent de plus en plus vers les marchés des capitaux pour mobiliser les capitaux nécessaires à long terme. La bourse, en tant que vecteur de transparence du marché, se place en excellente position pour soutenir la transition vers des économies plus vertes et plus inclusives et pour généraliser l'investissement durable. Dix ans après la cotation de la première obligation verte, le marché des obligations vertes s’éteint à 155,5 milliards de dollars en 2017. Si l'on considère la croissance en nombre d’émissions, les obligations vertes ont augmenté de 78 % en 2017 par rapport à 2016.  À l’évidence, il s'agit d'une croissance considérable pour une classe d'actifs spécifique par rapport à d'autres instruments, preuve que les obligations vertes prennent réellement leur envol.

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