Eric Chinchon (Atoz Governance Services) : structurer la gouvernance au Luxembourg
Eric Chinchon, président du conseil de gérance d’Atoz Governance Services, anciennement mebs, revient sur l’intégration de la société au sein d’ATOZ, ses répercussions pour les clients et les mutations qui traversent la gouvernance dans la place financière luxembourgeoise.
Qu’est-ce qui a motivé la transformation de mebs en Atoz Governance Services ?
J’ai traversé, durant les 12 derniers mois, une étape charnière, marquée par l’intégration complète au groupe ATOZ Services après l’aval réglementaire obtenu en 2024, puis par un rebranding total en janvier 2026. Ce changement dépasse largement un simple nouveau nom : il traduit un alignement sur une vision stratégique plus large, centrée sur l’excellence en matière de gouvernance et de conformité. L’adoption d’une identité visuelle unifiée et d’une présence numérique centralisée accroît la visibilité tout en consolidant le positionnement au sein d’une plateforme internationale d’envergure. En parallèle, la continuité a guidé chaque décision : les opérations, l’organisation managériale et la culture d’équipe ont conservé leurs repères.
La croissance a pris une ampleur considérable, passant de 50 professionnels en 2018 à près de 300 en 2025, portée par des acquisitions complémentaires et par une expansion géographique vers le Royaume-Uni et la France. Cette transformation a ouvert l’accès à un écosystème plus vaste, couvrant l’administration de fonds, les services aux sociétés, la conformité fiscale ainsi que le reporting ESG. J’ai veillé à préserver le socle d’expertise en gouvernance, en gestion des risques et en liquidation, tout en renforçant les passerelles entre les différentes lignes de services. À la clé : une profondeur opérationnelle accrue et une portée stratégique élargie pour une clientèle internationale de plus de 200 entités.
Comment cette évolution influe-t-elle sur les clients et sur la prestation de services ?
J’ai placé la création de valeur au centre du dispositif, sans la moindre rupture, afin que chaque client continue de profiter d’un accompagnement constant tout en accédant à des capacités élargies. L’intégration ouvre les portes d’une infrastructure plus large, couvrant plus de 1000 clients et plus de 4000 structures dans plusieurs juridictions. Cette dimension favorise une approche plus connectée, qui réunit, dans un cadre unique, expertise en gouvernance, administration, comptabilité, reporting fiscal et solutions ESG. J’y vois un tournant décisif vers davantage d’efficacité, avec moins de fragmentation et une meilleure qualité de reporting, sans oublier une réactivité réglementaire renforcée. Les clients profitent désormais d’un accompagnement coordonné entre le Luxembourg, le Maroc, le Royaume-Uni et la France, en particulier pour les structures complexes, à l’image des investissements

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immobiliers soumis à une supervision transfrontalière. Des ressources renforcées soutiennent la réactivité face aux obligations réglementaires, notamment pour les déclarations FATCA, CRS et ESG, tout en accompagnant l’évolution continue des exigences de conformité. Un objectif est resté intact : préserver la confiance tout en élargissant le champ d’action. Aucun impact négatif n’a surgi ; à l’inverse, les clients gagnent en cohérence, en soutien technologique et en résilience opérationnelle, dans un modèle pensé pour accompagner l’ensemble du cycle de vie des fonds avec plus de précision et de fiabilité.
« La gouvernance devient une fonction stratégique. »
Comment la gouvernance va-t-elle évoluer au sein de la place financière luxembourgeoise ?
J’anticipe une mutation profonde, nourrie par la technologie, la convergence réglementaire et une exigence croissante en matière de substance. La gouvernance dépassera le seul cadre de la conformité procédurale pour s’inscrire comme une fonction stratégique au cœur de la prise de décision. Les évolutions réglementaires, qu’il s’agisse des ajustements d’AIFMD, des cadres ESG ou des obligations de lutte contre le blanchiment, imposeront une surveillance des risques plus proactive ainsi qu’un pilotage plus intégré. Les outils numériques, selon moi, occuperont une place centrale, avec des plateformes de conseil d’administration enrichies de tableaux de bord en temps réel et d’analyses prédictives destinées à éclairer les arbitrages. L’intelligence artificielle viendra compléter le jugement humain, donnant naissance à des modèles de gouvernance hybrides capables d’absorber la complexité sans relâcher l’exigence de responsabilité. La résilience cyber gagnera elle aussi du terrain, poussant les conseils à placer le risque numérique au même rang que la supervision financière. J’entrevois également des conseils plus diversifiés et dotés de compétences techniques plus pointues, en mesure d’affronter les enjeux transfrontaliers et les standards européens harmonisés. Dans ce contexte, la gouvernance s’imposera comme un moteur de création de valeur plutôt qu’une contrainte, au bénéfice des organisations qui inscrivent l’intégrité, la transparence et l’adaptabilité dans leur modèle opérationnel. Mon rôle consiste à accompagner cette transition grâce à une expertise scalable et à des solutions tournées vers l’avenir, en phase avec les attentes changeantes des investisseurs comme des régulateurs.
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