Xavier Buck (Namespace Group & EuroDNS) : 20 ans d’entreprenariat

Héros discret des entrepreneurs au Luxembourg, Xavier Buck innove sans cesse depuis déjà deux décennies en gardant toujours un focus sur l’international et une longueur d’avance sur les nouvelles technologies. Interview.

 

Pouvez-vous revenir sur les 20 années de votre groupe ?

Tout a commencé fin 2000 avec la création de Datacenter. Très rapidement nos clients nous ont demandé de créer Eurodns – dès 2002 - pour les aider à gérer à un seul endroit toutes les extensions de leurs noms de domaines, dans le monde entier. En 2006, nous avons continué à élargir notre offre de service avec la création de ‘Ebrand.com’ qui permettait dès ses débuts de monitorer les marques. Entretemps, nous avons développé des modules supplémentaires comme ARGOS qui détecte les contrefaçons et s’occupe de les neutraliser ou X-ray, qui prédit et détecte les noms de domaines et de sous-domaines risquant de servir pour des activités illégales comme le phishing. En 2010, nous avons réalisé notre premier rachat avec Domaintools qui s’est imposé comme un acteur majeur dans la cybersécurité et que nous avons revendu l’an dernier pour un prix dix fois supérieur. A partir de 2016, nous sommes passés à la vitesse supérieure avec une succession de rachats de sociétés actives dans le domaine d’Eurodns : Entorno, Dotroll, Microware, Chip, Fluccs, Domain Central, Nexperteam. L’approche reste toujours la même : nous intégrons les clients dans Eurodns en gardant les équipes et même le nom des sociétés lorsqu’elles sont reconnues comme des championnes locales. Les gains d’efficacité nous permettent d’orienter les talents vers des projets à très forte valeur ajoutée. Nous préparons actuellement une nouvelle acquisition qui représentera un énorme bond en avant pour notre groupe, désormais appelé « NameSpace ».

“Rien ne remplace une véritable passion pour la technologie ! ” 

Quelle est la clé durable du succès?

Il faut se tenir informé des nouvelles technologies en permanence ! Prenons l’exemple des crypto-currencies : j’ai assisté à la toute première conférence ‘Bitcoin’ à Londres en 2012. En sortant, j’avais compris le potentiel de cette technologie, mais je pensais avoir manqué le coche car le prix du bitcoin venait de passer de 3 à 12 dollars. Entretemps j’ai appris ma leçon ! Je pense qu’il faut investir le temps nécessaire pour étudier les nouveautés en profondeur et anticiper qui seront les champions de demain ou le potentiel disruptif d’une nouvelle technologie. Aujourd’hui, je suis très actif, notamment au niveau des NFT (Non fungible token, ndlr). J’ai beaucoup investi dans du sable par exemple sur www.sandbox.game Il s’agit d’une forme de ‘Minecraft’, mais dans la blockchain. Chaque épée, chaque trésor, chaque tenue et chaque pixel de terrain deviennent commercialisables par leurs propriétaires ! J’ai également acheté des œuvres de PAK déjà en 2020, l’artiste qui vient d’annoncer une vente avec Sothebys. Je pourrais vous donner beaucoup d’autres exemples, mais vous l’avez compris, je pense que rien ne remplace une véritable passion pour la technologie !

 

Comment prévoyez-vous la prochaine décennie ?

Avec la vente récente de DomainTools à un Fonds américain, les caisses de notre groupe sont remplies pour continuer à faire grandir NameSpace au travers d’acquisitions. Je prends énormément de plaisir à élargir l’offre que nous proposons aux grandes marques comme par exemple Lidl ou Decathlon. A titre personnel, je vais continuer à œuvrer dans les Conseils d’administration de grands fonds comme HLD où j’apprends beaucoup sur la structuration des investissements, tout en apportant mon expérience personnelle. Je vais également poursuivre mes investissements privés dans des sociétés comme Emailtree permettant d’automatiser la rédaction d’emails, notamment dans les centres d’appels. De nombreuses start-ups ont un potentiel énorme, mais encore faut-il maîtriser les différentes phases de croissance.