Carlo Duprel (SnT) :  L’innovation connectée

Carlo Duprel, Head du Bureau de transfert de technologie, décrit comment le Centre interdisciplinaire pour la sécurité, la fiabilité et la confiance de l'Université du Luxembourg stimule l'écosystème de l'innovation au Luxembourg en connectant le secteur de la recherche aux entités publiques et privées au Grand-Duché et à l'étranger. Interview.

 

Pouvez-vous décrire le Centre interdisciplinaire pour la sécurité, la fiabilité et la confiance (SnT) en quelques mots ?

 

Le SnT se distingue par le fait qu'il s'agit d'un centre de recherche de premier plan au niveau international existant pour alimenter l'innovation dans l'économie. Nous travaillons avec des partenaires publics et privés pour résoudre des défis complexes, nécessitant une excellente recherche scientifique. En pratique, nous agissons comme une équipe de R&D externe, offrant un pont entre la science pure et les prototypes en fonctionnement, en passant par les dernières technologies numériques. Cette approche fait de nous un élément essentiel de l'écosystème luxembourgeois, car nous favorisons l'investissement technologique, qui à son tour aide nos partenaires à rester compétitifs. En même temps, notre statut académique et nos projets industriels attirent des chercheurs hautement spécialisés au Luxembourg, créant ainsi un précieux réservoir de talents.

 “Aujourd'hui, nous avons près de 50 partenaires et 70 projets de recherche en cours avec eux" 

Comment le SnT interagit-il avec l'écosystème technologique luxembourgeois au sens large ?

 

Notre approche collaborative représente le cœur du SnT. Nous travaillons avec des entités publiques et privées pour résoudre les problèmes du monde réel et créer des prototypes que nos partenaires peuvent transformer en applications utilisables sur le marché. Notre programme de partenariat a attiré une multitude d'organisations à travailler avec nous, des grandes entreprises aux start-ups, en passant par les organismes publics. Aujourd'hui, nous avons près de 50 partenaires et 70 projets de recherche en cours avec eux. Ces projets représentent toujours un investissement combiné entre le partenaire et le SnT. Nous recherchons des partenaires qui s'engageront pleinement dans le processus de recherche, et il est normal que nos chercheurs travaillent sur des projets dans les locaux d'un partenaire. Ce contact étroit permet de s'assurer que les résultats de la recherche sont correctement adaptés à ses défis et permet aussi de construire des relations durables alimentant l'innovation au Luxembourg.

 

Quels sont les défis et les opportunités que vous identifiez dans le secteur Information and Communications Technology (ICT) pour les cinq prochaines années ?

 

L’ICT reste un catalyseur pour chaque secteur ; les Chief Information Officer (CIO) doivent donc se préparer à relever une multitude de défis. Ceux-ci pourraient prendre différentes formes, de la pression sur les systèmes informatiques que la récente crise COVID-19 a provoquée, à la réponse aux innovations perturbatrices comme l'IA, l'apprentissage machine, la blockchain et l'Internet of things (IoT). Le défi pour les CIO est de voir clairement l'impact potentiel et de comprendre le paysage technologique afin d'aller de l'avant. La crise COVID-19 actuelle démontre la puissance des systèmes ICT, tout en exposant leurs faiblesses. L'apprentissage automatique et l'exploration des données sont des outils essentiels dans tous les domaines, de la recherche médicale à la logistique, nous permettant de faire face à cette crise de manière inédite. En même temps, la transition rapide vers le travail à distance soulève des questions de sécurité concernant les réseaux et la confidentialité des données qui doivent être résolues rapidement. Et bien que nous ne puissions pas encore en voir toutes les implications, il reste déjà certain que cette crise aura un impact durable sur la manière dont les systèmes ICT seront conçus à l'avenir.

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