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Wim Ritz (Stellan Partners): Déployer à grande échelle dans un marché fragmenté

Wim Ritz, responsable des fonds alternatifs et des services aux investisseurs chez Stellan Partners, évoque l’indépendance retrouvée après la sortie du réseau PwC, l’évolution des structures de fonds et l’avenir concurrentiel du Luxembourg.

Comment la refonte de Stellan Partners a-t-elle remodelé votre rôle et votre positionnement sur le marché ?
L’indépendance a marqué un tournant : notre entreprise s’est affranchie des conflits d’intérêts et peut désormais défendre en priorité les intérêts de ses clients. Stellan se positionne en tant qu’architecte au service de ses clients, avec quarante-cinq professionnels couvrant les fonds alternatifs, les services aux investisseurs, l’accompagnement des entreprises, les fusions-acquisitions, les marchés de capitaux, le droit du travail, la propriété intellectuelle, la technologie et l’immobilier. Nous avons néanmoins fait le choix assumé d’exclure de nos prestations le droit fiscal et le contentieux, des domaines où nous préférons collaborer avec des spécialistes externes, pour préserver notre crédibilité et garder un périmètre clair. L’accompagnement discret, sur mesure et sans conflits d’intérêts de Stellan répond à une forte demande des clients qui construisent des family offices ou lancent des sociétés d’investissement. Stellan poursuit des idéaux de pertinence, de précision et d’expertise ; nous évitons l’écueil de la recherche de la croissance pour la croissance.

​"Luxembourg est synonyme de qualité."

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©360Crossmedia/CN

Quelles sont les tendances qui façonnent actuellement l’univers de l’investissement alternatif au Luxembourg ?
Le marché des investissements alternatifs opère une transition de l’expansion à la rationalisation. Lorsque les capitaux coulaient à flots, des véhicules d’investissement et autres structures ont émergé en nombre pour capter l’intérêt des investisseurs ; mais aujourd’hui, il convient de régler la note et d’assumer les coûts de maintenance. Les investisseurs exigent désormais des structures épurées, donnant la priorité à l’efficience, non à la prudence. Les fonds de continuation et les fonds Evergreen illustrent ce paradigme. Recycler le capital, combler les écarts d’évaluation et éviter les sorties forcées constituent leurs nouvelles priorités. Les gestionnaires consolident leurs portefeuilles et rationalisent les structures, se préparant à acquérir des positions plus fortes au retour des liquidités. Les cours finiront par se rapprocher de la juste valeur de marché. Aussi le prochain cycle requerra-t-il discipline, consolidation et préparation. Le rôle de Stellan transcende la simple conformité. Nous accompagnons nos clients pour qu’ils anticipent l’évolution des tendances, qu’ils simplifient les processus qui doivent l’être, et qu’ils saisissent les opportunités. La véritable valeur réside dans l’optimisation de ce qui fonctionne aujourd’hui, et non dans le rythme d’expansion d’hier.

Quels sont les plus grands défis et les plus grandes opportunités pour l’écosystème financier du Luxembourg ?
La rareté des talents menace la croissance du Luxembourg : en concurrence avec des mastodontes comme les États-Unis et l’UE, le pays manque de masse critique. L’IA transforme cette dynamique de manière avantageuse pour le Luxembourg : l’intelligence des prompts et la robustesse des données permettent une accélération des travaux à faible valeur ajoutée, ménageant plus de temps dans l’agenda des experts pour les tâches nécessitant d’exercer leur jugement critique. L’IA redéfinit les emplois sans les remplacer ; obtenir des résultats de qualité avec l’IA exige une formation à l’interprétation des outputs de la machine et une supervision humaine. L’avantage concurrentiel du Luxembourg : à l’échelle mondiale, les produits et services estampillés  jouissent d’une réputation de fiabilité et suscitent la confiance. La réglementation européenne alourdit la charge administrative et prévoit des amendes substantielles en cas d’infractions. L’onboarding de nouveaux clients en est d’autant plus complexe, notamment celui des banques. De même, la réglementation américaine FATCA (sur le reporting de la nationalité des investisseurs et les cadres de conformité) entrave l’agilité. L’Europe doit rééquilibrer transparence et réalisme des moyens ; car actuellement, la forme prime sur le fond. Le plus grand risque pour le Luxembourg serait de faire preuve de complaisance alors que la France, l’Allemagne, l’Irlande et le Royaume-Uni répliquent la méthode de son succès. La communauté luxembourgeoise doit rester vigilante, évoluer et refuser de se laisser intimider par la concurrence. Le Luxembourg n’est pas seulement un marché géographique ; le Luxembourg est synonyme de qualité.

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