Nedjma Bellakhdar et Andrea Tedone (BNP Paribas Securities Services) : Quand le risque tutoie la transformation

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La responsable de la gestion des risques opérationnels de BNP Paribas Securities Services, Nedjma Bellakhdar, et le Chief Transformation Officer, Andrea Tedone, expliquent avoir trouvé ensemble les deux éléments essentiels indissociables pour maintenir la compétitivité de l'entreprise et conserver la confiance des clients pour les années à venir.

 

À l'heure où tout le monde parle de transformation bancaire, de numérisation, de cryptomonnaies, de cybersécurité, vous semblez détenir la formule secrète pour définir l'avenir de votre entreprise. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

Nedjma Bellakhdar : Nous pouvons évoquer une formule magique, mais en fait, les ingrédients se caractérisent par leur simplicité.

 

Andrea Tedone : En effet, nous envisageons sur un même plan la gestion des risques et la transformation. 

"Les choses évoluent si vite que plus personne ne peut exceller seul dans son coin.”

Andrea Tedone

Pourquoi cela ?

 

NB : La transformation d'un environnement et le contrôle des risques liés à ce biotope gardent des rapports très étroits. Ils interagissent pour améliorer les services aux clients, le temps de mise sur le marché et le cadre opérationnel correspondant. Du point de vue du risque opérationnel, le manque de remise en cause peut constituer un problème majeur. Je ne parle pas seulement des nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle et la blockchain, je fais également référence au perfectionnement des processus existants. Les rendre plus efficaces conditionne le maintien de la compétitivité de notre entreprise. 

 

AT : Je considère que la transformation et la surveillance des risques s'alimentent l'une l'autre. La première apporte de l'innovation à la banque par la refonte et l'optimisation des technologies et des procédés, y compris la robotisation, l'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle, induisant une réduction des impondérables. Dans le même temps, le changement introduit de nouveaux aléas comme les cyberrisques. En fin de compte, les deux jouent un rôle crucial au sein de notre organisation pour maintenir et alimenter la confiance des clients pour les années à venir. 

 

Comment réaliser la transformation financière ?

 

AT : Tout d'abord, nous devons l'envisager du point de vue du groupe BNP Paribas. Nous pouvons aujourd’hui proposer un "modèle de banque unique" capable de fournir toute la gamme de services avec les valeurs ajoutées correspondantes pour nos clients en matière de simplification. Cet exercice holistique implique toutes les parties prenantes dans les différents pôles de la société, et en particulier nos collègues de tous les départements, constamment en quête de nouvelles compétences alignées sur les exigences de nos commanditaires, du marché et de notre leadership. 

 

Vous voulez parler de formation continue ?

 

AT : Oui. La situation ambiante nous donne l'occasion de mettre en place des parcours de carrière clairs pour tous nos experts et professionnels. Ils peuvent ainsi se faire une vision explicite sur l'évolution de leur métier dans les trois à cinq prochaines années. Parallèlement, nous impliquons nos clients dans le développement de solutions et de technologies actualisées, souvent en mode de co-conception. Et nous interagissons constamment avec les régulateurs et l'ensemble de l'écosystème d'innovation, comme la LHoFT, les Big Four, l'ALFI, la LPEA et la L3A. Les choses évoluent si vite que plus personne ne peut exceller seul dans son coin. Par exemple, nous avons récemment fait équipe avec nos concurrents concernant la législation DAC6 de l'UE ; nous appelons cela la « coopétition ».

 

NB : La transformation financière reste toujours liée à la gestion des risques. Nous contribuons à cette mutation en soutenant l'entreprise dans son parcours de changement : notre approche du risque est passée, depuis quelques années, d'un "non" à un "oui, et", ouvrant la porte à un monde d'innovation. 

 

"Notre approche du risque est passée d'un 'non' à un 'oui, et', ouvrant la porte à un monde d'innovation.” 

Nedjma Bellakhdar

Quel impact produit l'ESG sur votre travail ?

 

NB : Nous le retrouvons à plusieurs niveaux, mais concentrons-nous sur les deux principaux. 

D'une part, la gestion des risques concourt à faire respecter la stratégie, les normes et les engagements éthiques du groupe en identifiant les sujets potentiellement non conformes, les transactions avec nos clients par exemple. Les objectifs et actions ESG peuvent également constituer des facteurs de différenciation déterminant les secteurs que notre banque souhaite accompagner. D'autre part, les ressources humaines restent un point clé pour notre société et nous en tenons compte dans la gestion du risque opérationnel. Nous encourageons la diversité. L'une des démarches concrètes retenues récemment par notre Comité exécutif consiste en l'enregistrement d'un pool d'orateurs auprès d'un certain nombre d'associations de marché pour leur permettre de nous contacter, en offrant la possibilité d'une parité hommes-femmes lors de leurs évènements. Cette action s’inscrit dans le cadre du mouvement #JamaisSansElles (#NeverWithoutHer) par lequel nous nous sommes engagés à refuser de participer à des événements impliquant plus de trois personnes s'ils n'incluent pas une femme. 

 

AT : La banque aura profondément changé dans 10 ans et l'ESG constitue l'un des moteurs de cette évolution, tant en termes de produits et services que de gestion des risques. BNP Paribas s’est assigné pour mission de construire un avenir durable en exploitant le pouvoir de la confiance, du savoir-faire et de l'innovation.  BNP Paribas Securities Services ambitionne de devenir le premier prestataire de services d'actifs à impact positif. Nous voulons faire la différence pour nos clients, pour toutes nos parties prenantes et pour la société dans son ensemble.  Au sujet de l'amélioration des compétences, nous développons notre expertise ESG afin d'optimiser pleinement la manière dont nous assistons nos clients et soutenons leur engagement à investir dans un avenir durable. La mise en œuvre de nouvelles technologies, telles que les cryptoactifs et la blockchain, en constitue une autre. Nous continuons à tester, éprouver et expérimenter. La banque de détail subira plus d’impact que le secteur de l'investissement, mais nous devons tout de même anticiper de nouveaux modèles d'interaction invisibles aujourd'hui, et surveiller les tendances émergentes dans le monde entier. Une équipe diversifiée possède clairement plus d’atouts pour saisir toutes les occasions offertes par l'avenir.  

 

NB : Le voilà, notre secret : la clé de la réussite pour la banque du futur consistera à offrir la simplicité pour maîtriser un monde de complexité dans l'industrie des fonds.