Bob Geldof : faire la différence

Musicien multi-récompensé, militant politique et entrepreneur, Bob Geldof préside également le fonds de private equity 8 Miles, dont le nom rappelle la distance entre l’Europe et l’Afrique.

Un homme d’action

Anticonformiste depuis son plus jeune âge, Bob Geldof devient un homme d’affaires influent, et peut-être même la personne la plus influente et bénéfique pour les populations du continent africain lors de ces vingt dernières années. Tout d’abord connu pour sa carrière de musicien, en tant que fondateur du groupe The Boomtown Rats puis en solo, Bob Geldof fonde également des entreprises primées au Royaume-Uni. Il obtient récemment le prestigieux prix Freedom de la ville de Londres pour les emplois et les débouchés commerciaux créés dans cette ville, avec Ten Alps Plc, Planet TV, Deckchair.com et Groupcall, entre autres. Sur la scène mondiale, il est surtout reconnu pour son activisme politique et son combat en faveur de la cause du peuple africain, qu’il mène inlassablement depuis plus de trente ans. Bob Geldof évoque les trois moteurs d’influence sur lesquels il s’appuie pour transformer le continent Africain : charité, justice et investissement.

"En un mois, 5 millions d’enfants africains rentrent à l’école pour la première fois."

 

Premier moteur : la charité

En 1984, Bob découvre la famine en Éthiopie. Au même moment en Europe, les agriculteurs perçoivent des aides à la production et à l’élevage mais les surplus sont tels - montagnes de beurre, lacs de vin - qu’ils sont également rémunérés pour éliminer ceux-ci, tandis qu’au sud de ce continent le plus riche au monde, 32 millions de personnes meurent de faim. Voulant faire quelque chose à sa façon, Bob écrit alors une chanson pour lever des fonds - intitulée Do they know it’s Christmas . Devenue un succès planétaire, cette chanson permet de récolter des millions de dollars pour cette cause. S’en suit la création de l’ONG Band Aid, toujours présidée par lui et grâce à laquelle il organise les plus grands concerts au monde, à Londres et Philadelphie. Ce travail de levée de fonds permet de vaincre la famine en Éthiopie.

Deuxième moteur : la justice

Voulant connaître les raisons de la famine en Éthiopie, Bob créé avec Kofi Annan, Tony Blair, Bono, Trevor Manuel et d’autres la « Commission pour l’Afrique ». Au délà de la pauvreté, de nombreux problèmes en Afrique proviennent d’accords commerciaux à sens unique signés, des conflits de la Guerre froide en Afrique et des aides au continent moins importantes qu’ailleurs. Bob Geldof décida d’amener la justice en Afrique en faisant pression auprès du G8 pour insuffler le changement. En 2005, alors que le Royaume-Uni accueillait le G8, Bob organise neuf concerts Live 8 dans le monde afin d’obtenir des signatures. Plus de 1 800 000 000 de personnes ont rejoint le mouvement, et poussent les politiciens du G8 réunis à Gleneagles à accepter d’effacer 42 milliards de dollars de dette injuste, à réviser les accords commerciaux et à augmenter l’aide. En moins d’un mois, 5 millions d’enfants africains rentrent à l’école pour la première fois et au bout d’un an, le nombre de décès liés au paludisme diminue de 18 millions.

Troisième moteur : l’investissement commercial

Suite aux opérations Charité et Justice, le besoin d’investir en Afrique s’est fait sentir. Bob Geldof témoigne : « Les chiffres économiques sont impressionnants : depuis 2001, la croissance économique moyenne sur le continent est de 6 % par an. La population réclame la santé, l’éducation, la croissance, un iPad… Il s’agit de la classe moyenne qui croît le plus rapidement dans le monde. Un soir, j’ai vu une bicyclette arriver dans un village. Je pensais à un aiguiseur de couteaux avec une meule à l’arrière du vélo. Il s’agissait en fait d’un générateur à pédales relié à une liaison satellite. Les gens sont sortis de chez eux avec leurs téléphones et ordinateurs portables pour envoyer et recevoir des e-mails dans le monde entier ! » Dans les campagnes africaines, les populations sont tout aussi connectées qu’en Europe.

8 Miles

En 2011, Bob Geldof lance le fonds de private equity 8 Miles pour l’Afrique. Un premier montant de 200 000 000 dollars est levé en 2014 et aujourd’hui, le fonds investit dans l’agriculture, des firmes de peintures, des vignobles, pour créer des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects. Durant la conférence SGG Crossroads organisé au Luxembourg, Bob a parlé de ses expériences personnelles, professionnelles et politiques et a expliqué comment chacun de nous peut faire la différence dans un aspect de sa vie. Nous ne pouvons peut-être pas changer un continent mais nous pouvons peut-être apporter des changements positifs d’une autre façon.

 

© 360Crossmedia

Screenshot 2020-07-10 at 12.51.48.png