Fabio Morvilli (Chambre de Commerce Italo-Luxembourgeoise) : 30 ans de mise en relations

Fondateur et Président bénévole de la CCIL depuis trois décennies, Président de la chambre de Chambre de Commerce Belgo-Italienne; et Consul de San Marin, Fabio Morvilli nous reçoit et fait le point sur l’évolution de la CCIL. Interview.


Fabio Morvilli, décrivez-nous en quelques mots les activités de la CCIL.

La Camera di Commercio Italo-Lussemburghese évolue en permanence. Le  « team » de la Chambre, sous la direction de Madame Luisa Castelli, elle aussi depuis 26 ans à la CCIL, est particulièrement motivé dans toutes les activités traditionnelles et dans celles plus innovantes. Nos activités historiques incluent l’assistance aux entreprises italiennes venant au Luxembourg – notamment pour les autorisations d’établissement auprès du Ministère des Classes moyennes – et aux sociétés luxembourgeoises s’intéressant au marché italien. Par ailleurs, nous répondons aux demandes des entreprises en contact avec les 80 associations de notre réseau de Chambres de Commerce Italiennes, réparties dans 56 pays. Celle de Singapour, par exemple, peut nous mettre en relation avec une entreprise cherchant des contacts et une introduction sur le marché luxembourgeois. Par ailleurs, nous proposons deux masters professionnels « post lauream » en finance en collaboration avec House of Training and PwC Academy qui attirent des jeunes diplômés italiens au Grand-Duché. Enfin, nous organisons avec l’Ambassade d’Italie à Luxembourg des activités de promotion du design, de la cuisine et du tourisme. Notre Chambre de Commerce est également active à la protection du « Made in Italy », avec le programme « True Italian Taste », qui protège les produits alimentaires authentiques contre les contrefaçons.

« Nous devons poursuivre la dynamique positive d’échanges entre l’Italie et le Luxembourg »

Avez-vous déjà mesuré l’empreinte italienne dans l’économie luxembourgeoise ?

C’est très difficile, car les entreprises dont l’actionnaire majoritaire est italien restent des entités luxembourgeoises. L’Ambassade évoque 33.000 ressortissants, en incluant les doubles nationalités. Dans le passé, nous avons compté jusqu’à 20 banques italiennes, contre six aujourd’hui. Mais les fonds d’investissements compensent largement cette perte de dynamique. Non sans fierté, nous avons contribué à la venue de 600 jeunes Italiens sur le marché du travail luxembourgeois durant les douze dernières années, via nos masters. Ils représentent les meilleurs ambassadeurs de l’italianité car ils viennent de toute l’Italie : du Sud profond, du Nord, des lacs, de la côte, et de la campagne magnifique. Lors d’un voyage de promotion à Florence avec les Ministres Gramegna et Fayot, j’avais terminé mon discours par : « Voyez les pois de ma cravate, ils représentent chacun une bonne raison de venir au Luxembourg ». Quelques jours plus tard, un jeune homme s’est présenté à la CCIL et nous a confié que le discours sur la cravate avait agi comme déclencheur : nous œuvrons depuis 30 ans pour cette raison. De telles arrivées bénéficient à nos deux pays.

Quels objectifs vous fixez-vous pour la prochaine décennie ?

 

Nous visons trois grands axes : tout d’abord, la poursuite de nos efforts au niveau de formation des jeunes, car la relation entre l’Italie et le Luxembourg demeure à mes yeux idéale. Ensuite, comme la CCIL a déjà donné une preuve de créativité pendant cette période particulière – avec par exemple des dégustations de produits italiens envoyés aux domiciles des participants et avec Massimo Bottura sur Zoom –, nous devrons nous préparer redoubler les efforts de promotion du tourisme, de l’événementiel et du networking, dès que les mesures sanitaires le permettront. Les vols vers Milan ont énormément augmenté ces dernières années, et de nouvelles lignes vont ouvrir. Nous devons poursuivre la dynamique positive d’échanges entre l’Italie et le Luxembourg. Enfin, je pense que le space mining intéresse beaucoup les entreprises italiennes. L’Ambassade d’Italia a organisé récemment une conférence avec  l’Agence Spatiale luxembourgeoise à laquelle nous avons pris une partie active. Ce secteur présente de grandes opportunités.

En chiffres

Création : 1990

Equipe : six personnes