Colette Dierick (ING): L’art de la collaboration

Après ses études d’ingénieur civil  de construction, Colette Dierick rejoint le monde bancaire et ING en tant que Management Trainee. Un contrat de 2 ans, pense-t-elle. Onze fonctions plus tard, devenue CEO d’ING Luxembourg, elle reste fidèle au groupe et à sa forte culture. Interview.

 

Quels objectifs vous êtes-vous fixés cette année ?

Je distingue deux types d’objectifs. D’une part, ceux qui relèvent d’indicateurs financiers. Ils concernent la rentabilité, le développement commercial, la liquidité, le respect de toutes les limites côté risque – un véritable métier en soi – mais également la gestion  de la  transformation . D’autre part, je me concentre sur l’engagement des employés de la firme. Ce volet génère  un grand  impact car il permet de mettre en place une véritable culture sur le long terme dont les effets positifs se retrouvent tant en interne qu’au niveau de la satisfaction de nos clients. Chez ING, nous investissons énormément dans notre culture ‘orange’. Cela requiert un effort continu, mais génère une forte différentiation par rapport aux autres banques et sociétés. Nous sommes précurseurs, par exemple avec notre hiérarchie très proche des équipes. J’ai d’ailleurs réduit le nombre de niveaux hiérarchiques depuis mon arrivée en septembre 2016. Nous favorisons une grande autonomie de nos collègues car cette approche a démontré  un plus grand épanouissement de nos collaborateurs et de meilleurs résultats.

« Chez ING, la personnalité prend plus d’importance que le diplôme. »

 

Comment avez-vous choisi une carrière dans la finance ?

Durant mes études d’ingénieur civil à Gand, j’ai appris notamment à construire des ponts. Cette compétence semble prisée chez ING car la société m’a recrutée avant même l’obtention de mon diplôme. Ayant grandi dans une famille d’indépendants, je voulais entrer dans le monde des affaires et faire un MBA mais j’ai pu faire mon MBA à l’intérieur de la banque en tant que management trainee : un excellent retour sur investissement ! Chez ING, la personnalité prend plus d’importance que le diplôme. J’applique toujours cette règle car si une personne affichant une bonne attitude peut beaucoup apprendre, il est très difficile de changer un caractère. Au début, je ne pensais pas faire carrière à la banque :  mais un monde s’est ouvert durant ce stage et grâce aux différentes fonctions que j’ai pu exercer par la suite...  Je me suis passionnée pour les différents métiers et les dynamiques à l’œuvre entre collègues. D’abord il convient de travailler sur soi, puis, au moment de devenir manager, de maîtriser l’art de créer des multiplicateurs dans les collaborations pour qu’un et un fassent plus que deux. Apprendre, motiver, inspirer les gens : je trouve cela très gratifiant.

 

Comment peut-on créer une forte culture comme celle d’ING ?

ING a toujours eu une forte culture, mais j’ai été très impliquée en 2014 lorsque nous avons défini une approche commune au niveau mondial. Nous avons donné la parole à tous les collègues dans toutes les entités ING  pour identifier ce qui nous distingue. Il ne suffit pas de le dire : nous avons tout écrit noir sur blanc et depuis lors  nous partageons un “Orange Code” avec trois lignes directrices :  1. Take it on and make it happen. 2. Help each other to be successful. 3. Always stay a step ahead. Nous cherchons à attirer des gens capables d’agir, de collaborer et d’anticiper. Dans un monde complexe comme le nôtre, aucun individu ne peut atteindre ses objectifs tout seul. Personne ne peut devenir spécialiste en tout. Nous faisons confiance aux gens, sans exercer trop de  contrôle. Les erreurs font d’ailleurs partie du jeu : la seule chose inadmissible, c’est de ne rien faire. Les nouveaux venus sont formés à la fois à nos métiers et à notre culture.  Et lors des évaluations de performance – deux fois par an – les objectifs de culture prennent autant d’importance que les objectifs métier.

 

« Nous recherchons le multiplicateur dans la collaboration. »

Comment votre firme gère-t-elle l’incertitude de l’économie globale ?

Je pense que trois éléments permettent d’y faire face efficacement : la transparence, la communication et – évidemment ­ la construction de ponts. ING affiche une forte rentabilité et communique en toute transparence, à tous les niveaux, avec une grande accessibilité aussi bien au niveau du comité de direction qu’au niveau de chaque manager. Chaque trimestre, nous partageons nos résultats, selon les différents aspects ( commercial, financier, risque). J’organise également des “Talks with Colette” dans toutes les entités de la banque pour expliquer, échanger et dessiner le contexte. Quant aux ponts, nous en construisons entre les départements, entre les fonctions et nous cherchons en permanence à nouer de nouvelles relations et des partenariats. Nous avons la chance de faire partie d’un grand groupe mondial qui agit comme forum de discussion et de collaboration international.

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