François Kremer, (Barreau du Luxembourg) :  La représentation de l’Ordre

François Kremer, Bâtonnier de l'Ordre des avocats de Luxembourg, conçoit sa fonction comme un soutient à ses confrères, tout en mettant en avant la profession d'avocat face à une société en évolution permanente. Interview. 

 

Pourriez-vous présenter le Barreau en quelques mots ?
 

Le Barreau est l’organisation professionnelle regroupant les quelque 3000 avocats pratiquant dans l’arrondissement judiciaire de Luxembourg. Le Conseil de l’Ordre est chargé de veiller à la sauvegarde de l’honneur de l’Ordre, de maintenir les principes de dignité, de probité et de délicatesse qui forment la base de la profession d’avocat et les usages du barreau qui les consacrent. Il veille à la sauvegarde du monopole de la représentation en justice et au respect des règles de la profession par ses membres. Le Conseil de l'Ordre défère au Conseil disciplinaire et administratif les auteurs d’infractions et de manquements. Le Conseil de l’Ordre veille au respect par les avocats de leurs obligations découlant de la législation en matière de lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme. Le Bâtonnier est le chef élu de l’Ordre. Il préside le Conseil de l’Ordre et a pour mission de représenter l’Ordre vers l’extérieur.

"Le Bâtonnier préside le Conseil de l’Ordre et a pour mission de représenter l’Ordre vers l’extérieur" 

Quels sont vos objectifs en tant que Bâtonnier ?

 

Outre les missions conférées par la loi, le Bâtonnier est à l’écoute : Des difficultés peuvent surgir entre confrères, qu’il s’agit d’arbitrer, des particuliers peuvent avoir des différends d’ordre déontologique avec leur avocat. Le Bâtonnier soutient ses membres dans l’exercice de leur profession et promeut la profession d’avocat face aux changements sociétaux. Récemment, en tant que porte-parole de la profession, je me suis exprimé publiquement au nom de l’Ordre pour œuvrer, avec le Conseil de l’Ordre, pour l’obtention d’aides aux avocats face à la crise du COVID-19 mais également pour défendre le secret professionnel et les droits fondamentaux face au projet de transposition de la directive DAC6. Un autre souhait est d’accompagner nos 3000 membres dans la transition numérique de la profession, enjeu majeur du Barreau dans le cadre de la paperless justice. La numérisation de la justice s’est en fait accélérée durant la crise du Covid. Il sera important de veiller à ce que ces avancées techniques perdurent à l’avenir.

 

Quelles challenges et opportunités identifiez-vous pour le Luxembourg dans les prochaine 5 années ?

 

Le Bâtonnier est élu par les membres du Barreau pour un mandat de deux ans, qui sont précédées par le vice-bâtonnat et suivies par le mandat de bâtonnier-sortant ; C’est donc un cycle de six ans en tout. Mon bâtonnat, qui s’achèvera en automne prochain, s’est articulé autour de 4 lignes principales : Défense de la profession, des droits de l’homme et du secret professionnel contre l’obligation de dénonciation de pratiques fiscales agressives et contre l’Administration des Contributions dans l’affaire PanamaLeaks. Promotion de la médiation et de l’arbitrage afin d’éviter l’engorgement des tribunaux ; Collaboration avec la Justice pour voir créer un greffe électronique pour l’instruction des affaires. Veiller au respect des règles déontologiques pour que la profession reste honorable, courtoise et humaine. L’organisation et la tenue du 63e Congrès de l’Union Internationale des Avocats en novembre 2019 sous la présidence du bâtonnier-sortant François Prum. Le Congrès a permis d’accueillir plus de 1.000 avocats étrangers pour débattre des deux thèmes : - L’innovation et le droit et - Entreprises et droits de l’homme

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