Timothé Fuchs (Fuchs & Associés Group) : 20 ans de gestion du changement

A l’aube de son 20e anniversaire, Fuchs & Associés a ouvert 400 mètres carrés supplémentaires dédiés à des espaces de réunions où ses experts accueillent leurs clients. Interview de Timothé Fuchs, Associé du Groupe Fuchs & Associés.

Quelle est votre analyse de l’évolution actuelle de l’Asset Management ?

Les marchés évoluent énormément, à tel point qu’il devient difficile de définir des tendances. Tout d’abord, les taux négatifs impactent considérablement les stratégies de gestion. Nous évoluons par exemple actuellement vers un avènement de l’alternatif au niveau global qui rend les marchés moins liquides, contrairement à ce que j’entends souvent. Ajoutons à cela la désintermédiation au niveau du crédit, les conflits politiques ou économiques et un désintérêt des marchés financiers au profit de la dette, de l’immobilier et de l’impact investment. Les investisseurs souhaitent placer leur argent, entre autres, dans l’économie réelle et non plus dans des actions de sociétés technologiques dont la valeur semble décorrélée de la réalité. Ils veulent avoir un impact, donner du sens à leur investissement et d’une certaine manière, transmettre quelque chose aux nouvelles générations. On pense bien sûr à « l’effet Greta » pour l’écologie : face à un climat parfois anxiogène et à la peur de sanctions diverses, les investisseurs ont peur d’investir, mais ils négligent le danger de l’inaction. N’oublions pas cependant que la réglementation bénéficie énormément au Luxembourg et à fortiori à notre groupe. Elle fait émerger de nombreux nouveaux besoins, donc de nouveaux services et de nouveaux métiers.

« Tout change très vite, mais les fondamentaux de notre métier, eux, demeurent intacts ! » 

Comment Fuchs & Associés Group s’adapte-t-il à cette transformation ?

Après 20 ans de métier, nous poursuivons notre croissance. Nous venons d’ouvrir une extension de 400 mètres carrés de bureaux au Luxembourg. Ce développement reflète une augmentation régulière de nos effectifs : nous avons accueilli cette année une quinzaine de nouveaux collaborateurs. Parmi eux, des gérants de fortune et des asset managers, qui rejoignent Fuchs et Associés au Luxembourg, en Belgique et en Suisse, pour se concentrer sur leur core-business – la relation client et l'allocation de portefeuille – pendant que nous nous occupons de faire fonctionner la machine opérationnelle, règlementaire et administrative. Mais également des profils legal, compliance, risk, relationship managers, communication etc, avec comme objectif d’être à la pointe en termes de compétences et d’organisation. Nous observons d’ailleurs une tendance identique dans l’asset management. Plus globalement, Fuchs & Associés a su adapter son organisation autour de trois piliers – Management company, Wealth management et Family office – en gardant quoi qu’il arrive, le client au cœur de sa stratégie. Les services sur mesure constituent 80% de notre réponse client : à une époque où s’opèrent de profondes transformations, nous estimons que l’essence même de notre métier reste d’écouter et d’apporter des solutions aux problématiques de nos clients. Les 20% restants constituent l’expertise humaine que nous proposons afin de créer des win-win permanents. Vous noterez que je ne mentionne pas la digitalisation malgré nos investissements importants dans ce domaine : pour nous, la technologie constitue avant tout un moyen, mais ce n’est pas une fin. Et c’est bien là notre principale différence sur le marché : nous n’automatisons rien, le focus reste toujours sur la relation humaine.

 

Quelles opportunités et menaces identifiez-vous ?

La plus grande opportunité pour notre groupe tient au fait que, quels que soient leurs horizons, les clients veulent être écoutés et trouvent chez nous une oreille plus attentive qu’ailleurs. Les marchés sont de plus en plus complexes, et dans ce contexte, de belles perspectives s’offrent à nous. Nous sommes ravis de montrer comment notre équipe crée de la valeur face aux robots. En termes de menaces, je dirais que nous ne sommes plus très loin d’une prochaine crise. Je suis très favorable à la régulation, mais une surrégulation pourrait provoquer un désastre. Dans le même ordre d’idée, une digitalisation trop rapide engendre aussi des risques. Cela dit, n’oublions pas que nous fêtons nos 20 ans en 2020 ! Nous avons déjà vécu plusieurs crises : en 2001, 2008 et 2011… et cette expérience nous permettra d’appréhender la prochaine correction de marché plus sereinement que d’autres. Car au final, tout change très vite, mais les fondamentaux de notre métier, eux, demeurent intacts ! Nous nous réinventons autour d’un core business, celui de répondre au mieux à nos clients, voilà tout.