Timothé Fuchs (Fuchs Group): l'Asset Management en mutation

Timothé Fuchs pense que le secteur de l'Asset Management et de la Gestion d’Actifs au Luxembourg doit se concentrer pour rester compétitif, mais pas n'importe comment et à n’importe quel prix.

 

Comment analysez-vous l'évolution récente de la gestion d'actifs ?

J’observe principalement une complication

des affaires avec l’augmentation de la régulation et de la concurrence. Au niveau de la gestion de fortune, la fin du secret bancaire implique pour les professionnels basés au Luxembourg de justifier 

leur compétitivité et leur valeur ajoutée à tous
les étages pour attirer et fidéliser des clients internationaux. De l’autre côté, dans notre activité de société de gestion, nous devons démontrer notre spécialisation et notre compétence. Cela dit,

je ne veux pas donner le sentiment que j’accueille ces évolutions de manière négative, au contraire. Notre firme capitalise sur 17 années d’expérience avec des bureaux dans trois pays et une équipe de 150 experts. Nous embauchons d’ailleurs encore ! Disposer d’une telle organisation et d’une taille critique aujourd’hui fait la différence car, au final, un asset manager, quel que soit son background, a besoin de s’appuyer sur une structure solide et bien organisée pour pouvoir se concentrer sur son cœur de métier : créer de la performance selon une politique d’investissement définie et satisfaire ses clients pour en attirer d’autres.

 

 

« Notre stratégie nous permet de grandir en gardant une approche de "boutique" privilégiant le sur-mesure​. »

Comment Fuchs Group s'adapte-il à ces évolutions ?

Notre plan est très clair : nous évoluons en restant concentrés sur notre cœur de métier depuis

notre création en 2000 : la gestion d’actifs avec une approche sur mesure, et ce, pour toutes nos différentes activités. Cela nous permet d’attirer

les meilleurs talents et de leur proposer
un environnement de travail très structuré où ils peuvent démontrer et cultiver leur valeur ajoutée personnelle. Cette stratégie nous aide à grandir en gardant une approche de « boutique » privilégiant le sur-mesure et croyez-moi, à une époque où on trouve tout à tous les prix, les clients ne s’y trompent pas ! Il en va de même du côté clients : dans un environnement très concurrentiel, chaque client recherche aujourd’hui 2 choses : le sur-mesure accompagné d’une réelle compétence.

 

 

Comment imaginez-vous l'avenir de la profession ?

J’anticipe deux évolutions : la première étant que le client va rester au cœur des préoccupations. Parfois le degré de complexité des nouvelles régulations peut faire perdre de vue la raison d’être de prestataires, qui au final reste d’aider un gestionnaire d’actifs ou un investisseur à atteindre

ses objectifs. La seconde est que notre secteur
va sans doute connaître des concentrations, mais il est encore trop tôt pour que ce phénomène soit prononcé. Faire fonctionner une société d’investissement (gestionnaire d’actifs ou société de gestion) avec moins de 500 millions d’euros sous gestion devient délicat, et ce montant augmente sans cesse sous la pression réglementaire. Cela dit, l’égo de dirigeants au Grand-Duché rend encore diffcile la mise en commun de différents ownerships. A l’avenir, je pense que de grandes entités vont apparaître, dans laquelle des gérants auront un contrôle total sur une division précise, notamment en ce qui concerne la clientèle. Cela permettra de mutualiser certains coûts pour préserver la compétitivité internationale et la qualité de services des prestataires basés au Grand-Duché.