Governance.io : La frustration mène aux plus grandes idées 

Pour Bert Boerman, PDG de Governance.io, naviguer autour des règlementations fait désormais partie du passé. Interview : 

Pouvez-vous décrire l'activité de Governance.io en quelques mots ? 

La plateforme numérique de Governance.io assiste les gestionnaires de patrimoine et les banques dans la surveillance réglementaire. Nous facilitons la collection et la connexion de données, documents et contrôles pour des fonds d'investissement très complexes. La création de cette société est liée à mes frustrations, lors de mon passé de banquier, vis-à-vis des contrôles réglementaires. Mon co-fondateur Rob et moi avons décidé de trouver un moyen plus efficace pour affronter ces obstacles. Governance.io est née.

 

« Dans les cinq prochaines années, nous voulons devenir la référence mondiale d’une gouvernance d’entreprise efficace. »

 

Qui sont vos clients et comment ameliorez-vous leur chaîne de valeur ? 

Initialement, notre société développait un logiciel destiné aux banques - dépositaires en charge des fonds de fonds d'investissement. Par la suite, nous avons réalisé que l'industrie des fonds de placement fait face aux mêmes blocages réglementaires. Nos clients et utilisateurs sont des compagnies de gestion, des banques, des administrateurs de fonds, des directeurs indépendants, des auditeurs ; chacun d'eux concernés par ces contrôles. Depuis 2008, l'industrie de gestion de patrimoine Européenne a dû s'adapter à quelques 40 nouvelles directives Européennes et d'innombrables réglementations locales, tout cela ajoutant à la complexité du secteur. Notre valeur ajoutée réside dans la simplification du processus d'ajustement légal. En effet, nous facilitons la gestion de données et leur visualisation via un interface simple ; comme nous somme en concurrence avec les tableurs, notre produit est simple et intuitif et répond aux critères spécifiques de chaque client.

Actuellement, les changements de directives de l'OCDE telles que l'érosion de la base d'imposition et le transfert de bénéficies (BEPS) augmentent la pression sur les organismes fiscaux en terme de transparence. Nous nous préparons à étendre notre activité à d’autres structures organisationnelles car il n'y a actuellement aucune solutions pour affronter les implications générées par le BEPS. Notre expérience gagnée au sein de l'industrie de la gestion de patrimoine peut ainsi être transférée à des entités juridiques.  

Governance.io s'étend également géographiquement, nous déployons notre logiciel dans cinq pays Européen (Irlande, Royaume-Uni, Jersey, Pologne et Pays-Bas). De plus, la demande de la part de secteurs et de pays pas encore ciblés par notre entreprise, augmente. Dans les cinq prochaines années, nous voulons devenir une référence mondiale en matière de gouvernance d'entreprise efficace dans les domaines de la gestion de patrimoine, l'assurance, la banque, l'industrie automobile, la santé et bien d'autres.

 

Comment Luxembourg a-t-il aidé une société dynamique telle que la vôtre ? 

Luxembourg offre un environnement favorable dans lequel créer sa start-up. Un large écosystème d'acteurs, comme Nyuko, nous conseillent sur une large variété de questions entrepreneuriales - financement, taxes, structure sociétale, etc. D'un point de vue marché, notre cible initiale était les fonds d'investissement ; il y a plus de 14000 (sous)fonds basés à Luxembourg. De ce fait, il s'agit d'un marché fantastique pour lancer une société dans ce domaine. Également, notre activité économique bénéficie de formidables supports politiques ; en effet, notre ministre des Finances, Pierre Gramegna, souligne sans cesse le rôle des Technologies de la Finance (FinTech). Il peut être compliqué de développer des relations de travail avec des acteurs bien installés, ayant une peur injustifiée de la désintermédiation ou qui ne veulent pas travailler avec de petites entités. Le Ministre joue ici un rôle majeur en aidant les acteurs à comprendre la valeur ajoutée d'activités comme la nôtre. En offrant le support de structures telles que la LHoFT (Maison Luxembourgeoise pour la Technologie Financière) lancée au bon moment, le gouvernement facilite le dialogue entre le secteur financier établi et les sociétés de FinTech. Cet environnement politique favorable stimule notre société. 

 

 

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