Jean-Nicolas Montrieux (INOWAI): L’immobilier, miroir de la croissance

Selon Jean-Nicolas Montrieux, Partner & COO, INOWAI et le secteur immobilier ont connu en vingt ans une croissance représentative de celle du Luxembourg, avec lequel ils partagent certains défis futurs.


INOWAI fête ses vingt ans. Comment avez-vous évolué pendant ces deux décennies ?

Notre développement s’est opéré progressivement, avec un tournant majeur en 2010. Les dix premières années, nous nous étions consacrés à l’immobilier professionnel, avant d’ajouter la composante « immobilier résidentiel » à notre activité. Nous avons dès lors continué à développer nos compétences à un rythme régulier autour de ces deux catégories d’actifs, dont la contribution à notre bilan atteindra dans les prochaines années une quasi-égalité. En vingt ans, nous sommes passés d’un ou deux salariés à 70, sans adjonction brutale de personnel, augmentant notre savoir-faire de façon très fluide. Posséder des connaissances dans les deux métiers constitue une valeur ajoutée appréciable pour nos clients. Nous exerçons des activités de gestion et de transaction. Dans le résidentiel, nous remplissons la fonction de syndic de copropriété et assurons la gestion locative et la représentation du propriétaire. Pour l’immobilier professionnel, nous assurons la gérance d’immeubles. Les activités de transactions vont de la simple location d’un appartement à la commercialisation d’un projet complet en passant par un terrain. Nous pouvons y déployer nos compétences multiples.

«  Les vingt prochaines années verront se modifier profondément les habitudes liées au travail, aux déplacements, au logement. INOWAI accompagnera l’évolution. »

Comment envisagez-vous le développement futur de l’immobilier au Luxembourg ?


Les vingt dernières années ont vu un développement continu de l’immobilier, alors que la place financière connaissait une croissance constante, notamment grâce au secteur des fonds. Dans ce contexte favorable, le marché a explosé, tant en location et vente de bureaux qu’en résidentiel. En six ans, la ville de Luxembourg est passée de 100.000 à 120.000 habitants. Elle reste, pourtant, une petite ville à l’échelle internationale. Je prévois donc une poursuite de cette croissance, avec une consolidation et une prise de profondeur du marché, et encore plus d’opportunités pour ses acteurs. La gestion des projets immobiliers se complexifie. On parle de nouveaux quartiers, de réflexion urbaine. L’immobilier incarne la vie. Les vingt prochaines années verront se modifier intensément les habitudes liées au travail, aux déplacements, au logement. Notre secteur accompagnera l’évolution. Déjà, nous avons négocié le virage du numérique. Depuis l’ouverture d’une agence immobilière à Belval, en collaboration avec Lalux assurances, nous suivons plus efficacement nos projets de la région d’Esch-sur-Alzette.


Quels challenges et opportunités identifiez-vous pour INOWAI et le Luxembourg dans les cinq années à venir ?

En interne, INOWAI doit gérer sa croissance. La direction de 70 personnes n’a plus rien à voir avec celle d’une vingtaine de salariés. Un management adapté doit se mettre en place. En externe, il faut s’adapter pour affronter une concurrence de plus en plus grande, mais stimulante. Pour le Luxembourg, un double défi identique prévaut. Il faut encadrer le développement impressionnant du pays en considérant les besoins en infrastructures, les problèmes de mobilité, la cohésion humaine. Les autorités doivent également garantir un cadre compétitif sur le marché mondial. Les salaires restent élevés. Cela ne constitue pas un handicap, tant que la productivité reste importante… mais ce point constitue une inconnue. Comme pour INOWAI, je sais que la digitalisation jouera un rôle clé dans ce processus. Le grand défi à venir réside aussi dans l’accès au logement pour tous, de plus en plus contrarié malgré le niveau des revenus : les prix ont bondi de 15% par les deux dernières années, alors que la croissance atteignait déjà 5 à 6 % lors des années depuis 2010.