Rajaa Mekouar (Kharis Capital) : l'entrepreneur au cœur du private equity

Après une carrière à Londres, Rajaa Mekouar s’est installée au Luxembourg pour poursuivre sa carrière dans le private equity. Interview.

​Quel est votre itinéraire professionnel ? 

J’ai débuté chez Procter & Gamble en visitant les usines, les départements de R&D et au contact de la ménagère : "real life". J’ai ensuite intégré une banque d’affaires avant d’aboutir au private equity (PE), ma passion. Je monte alors Maera Capital qui oeuvre pour le compte de familles désirant investir dans des secteurs comme l’agriculture. J’ai compris l’importance d’avoir une légitimité auprès d’entrepreneurs qui cherchent des partenaires financiers pour se développer de manière pérenne. J’ai choisi de m’établir au Luxembourg pour deux raisons : d’une part car le pays a une importante carte à jouer dans le PE, et d’autre part j’ai rejoint Kharis Capital - dont le nom est synonyme d’altruisme - qui choisit Luxembourg comme domicile de ses structures faîtières.

Quel rôle joue le private equity dans l’économie ?

L’essence de notre mission consiste à soutenir les entrepreneurs en fournissant les outils financiers, stratégiques et opérationnels leur permettant de se développer, qu’il s’agisse d’une ouverture internationale, d’un nouveau produit ou d’un modèle de distribution innovant. Ce n’est qu’avec eux qu’il est possible d’innover, embaucher et créer de la valeur.

« Le Luxembourg dispose d'une belle carte à jouer dans le Private Equity international. »

 

Deux mots sur Kharis Capital ?

Kharis se concentre sur les secteurs liés à la consommation - notre expertise professionnelle et historique -, avec l’appui financier exclusif de familles d’investisseurs internationaux. Nous aimons les marques qui ont un potentiel d’expansion organique et international. Nous avons ainsi investi 200 millions d’euros en deux ans, avec notamment l’acquisition de la chaine Quick en Belgique et au Luxembourg où nous développons la marque Burger King via une master franchise multi-pays. Nous créons des emplois et agissons au plus près de l’investissement et de l’investisseur, avec un impact direct sur l’économie. Certains reprochent au PE de bloquer l’investissement, mais il s’agit d’un faux problème. En réalité, il permet d’accompagner les entreprises sur le long terme en fournissant des rendements très intéressants aux investisseurs, la fameuse notion de “Illiquidity premium”. J’ai apprécié la citation de Pierre Gramegna « Le Luxembourg n’est pas un concurrent de Londres, mais plutôt un partenaire ». Avec le Brexit, le Luxembourg dispose d’une belle carte à jouer, sans compter les investisseurs américains qui identifient le Grand-Duché comme une base idéale pour rayonner en Europe. ​

Vous avez activement contribué à la conférence "LPEA Insights 360GP View". Quelle est l'ambition de cet événement ?

En arrivant au Luxembourg, j’ai constaté un décalage entre la réalité du pays et son image à l’extérieur ainsi qu’un déficit d’image sur la possibilité d’être basé au Luxembourg en tant qu’investisseur PE. J’ai rejoint le Board de la LPEA et ai proposé de réunir des investisseurs PE de tous bords autour de Ian Prideaux, ami mentor et CIO du family office de Grosvenor Estate, qui gère les actifs du Duc de Westminster. Le premier événement reste un succès et a réuni 120 participants. Dès le début, notre but demeurait de promouvoir la diversification par le PE auprès des gestionnaires d’actifs. Nous avons vu les choses en grand en 2017 avec une conférence d’ample envergure, centrée sur les investisseurs substantiels basés au Luxembourg, comme Kharis. Le succès de cet évènement, avec 400 personnes, nous permet de placer le PE au centre de l’économie luxembourgeoise et de contribuer à l’image du Grand-Duché en tant que hub pour le PE à l’échelle européenne et au-delà. La prochaine édition est déjà en cours de préparation !