Lydie Polfer (bourgmestre de la Ville de Luxembourg) : crescendo urbain

Lydie Polfer, bourgmestre de la ville de Luxembourg, décrit les défis liés à la mobilité et au logement dans la capitale, ainsi que les politiques à envisager à moyen et long terme pour la ville. Interview.

Comment évolue la mobilité dans la capitale ?

 

La mobilité urbaine évolue sans cesse et elle concerne tout un chacun au quotidien : les habitants, les navetteurs, les visiteurs… Il est donc clair que l’élaboration d’un concept de mobilité adapté aux besoins des différents usagers de la route figure parmi nos priorités. Notre objectif est de permettre à tous  – piétons, personnes à mobilité réduite, cyclistes, usagers des transports en commun, automobilistes… –  de se déplacer confortablement, rapidement et en toute sécurité. Nous relevons donc le défi d’améliorer constamment nos offres et nos services et de trouver de nouvelles solutions en matière de mobilité. Ces dernières années, par exemple, l’ascenseur Pfaffenthal – Ville-Haute a été mis en service, le système du carsharing a été introduit sur le territoire de la capitale, des bornes de recharge pour voitures électriques ont été installées dans plusieurs quartiers, un funiculaire a vu le jour entre le Pfaffenthal et le pont rouge, et le tram a refait son apparition en ville et relie désormais le Kirchberg à la place de l’Etoile.  En septembre dernier, nous avons inauguré le nouveau parking Royal-Hamilius au centre-ville ainsi que l’extension du P+R Howald en périphérie, et nous avons lancé un projet-pilote innovant, le City Shuttle. Il s’agit d’une navette high-tech 100% autonome et électrique qui dispose d’un certain potentiel en matière de mobilité urbaine, puisqu’elle peut desservir des endroits moins accessibles par d’autres moyens de transport, comme des quartiers résidentiels ou des zones commerciales par exemple. Aussi, d’ici peu, le nouveau système de vélos en libre-service sera opérationnel. Comme tous les vélos disposeront d’une assistance électrique, nous pouvons étendre le réseau vel’OH! à d’autres quartiers de la Ville qui n’étaient pas encore reliés au système en raison de leur topographie. Bref, tous nos projets de mobilité ont pour but de faciliter les déplacements quotidiens des personnes qui habitent ou travaillent en ville et nous nous efforçons de leur proposer une offre équilibrée en matière de mobilité, tout en favorisant les mobilités douces et les transports publics et en veillant à un développement durable.

 

"Comme tous les vélos disposeront d’une assistance électrique, nous pouvons étendre le réseau vel’OH! à d’autres quartiers de la Ville. "

Qu’en est-il du logement, notamment pour les jeunes ?

 

Comme vous le savez, le nombre d’habitants en ville progresse et les prix du marché continuent d’augmenter. Nous sommes conscients que l’accès au logement représente pour la majorité des gens un réel défi, plus particulièrement pour les jeunes, les familles et les personnes avec des revenus plus modestes. La création de logements sur le territoire de la capitale est donc une nécessité et figure parmi nos priorités absolues. La Ville n’a évidemment pas de prise directe sur le marché de l’immobilier, mais nous contribuons à la création d’une plus grande offre de logements à coût abordable et de logements sociaux. A titre d’exemple, nous avons récemment inauguré 5 immeubles à logements sociaux et à coûts modérés dans la rue de l’Avenir à Limpertsberg, avec 64 unités au total. Au Kirchberg, rue de la Lavande, nous venons de finaliser 7 maisons unifamiliales destinées également au logement social.  Il nous importe bien évidemment de poursuivre le projet des « Baulücken », mais aussi d’innover, comme nous l’avons fait par exemple l’année passée en soutenant le projet de logement intergénérationnel « Doheem mateneen » à Beggen ou en initiant le projet des groupements d’habitat participatif à Belair et à Bonnevoie. A côté de cela, nous veillons à ce que le logement occupe une place prépondérante dans les projets dits « mixtes », comme par exemple au Rollingergrund avec le projet « Villeroy & Boch » où le PAP est en cours d’élaboration, ou encore à la route d’Arlon, où nous disposerons bientôt d’une surface de plus de 10 ha pour y développer un projet d’urbanisation où le logement sera prioritaire.

 

Quels challenges identifiez-vous pour la Ville de Luxembourg dans les 10 prochaines années ?

A côté de la mobilité et du logement que nous avons déjà évoqués et qui font évidemment partie des défis majeurs, je pense surtout au développement urbain, à l’enseignement, à la cohésion sociale, à l’environnement et à la sécurité. Telles sont d’ailleurs les priorités que le Collège des bourgmestre et échevins s’est fixées pour les années à venir. Une politique responsable et équilibrée dans ces domaines nous permettra de préparer la ville et ses citoyens pour l’avenir et de faire en sorte que tout un chacun puisse profiter d’une qualité de vie élevée dans un environnement sain, sûr et stable.