Rajaa Mekouar-Schneider (Kharis Capital): Private équity, l'économie réelle ne s'en prive plus

Selon Rajaa Mekouar-Schneider, nouvelle Présidente de la LPEA, Senior Investment Team Member et Head of Partnerships & Syndication chez Kharis Capital, le secteur du private equity doit mettre en avant son rôle en terme de croissance économique. Source d'innovation et de productivité, son action s'avère désormais incontournable et transparente.

Comment qualifier la part du private equity dans l'économie ?

Le private equity fait désormais partie intégrante de l'économie. A lui seul, le secteur initie plus d'un quart des fusions-acquisitions en Europe. Dès lors, il joue un rôle crucial en terme de création de croissance, impacte le PIB et donc l'emploi. Des études récentes mettent en évidence la relation entre les économies comptant un nombre croissant de sociétés de private equity et un taux de chômage faible. Durant la crise de 2007-2011, tandis qu'ailleurs les licenciements perduraient, les entreprises détenues par le private equity continuaient d'embaucher. Elles affichent en outre des rendements supérieurs via une meilleure productivité, et une capacité d’innover remarquable. On leur doit 12% des brevets en Europe. Voilà qui reflète la capacité du private equity à concentrer ses efforts sur un nombre limité de sociétés et à y maximiser la création de valeur ajoutée. À une époque où le financement bancaire a considérablement chuté, le recours au private equity s'avère incontournable.

"N'oublions jamais que derrière le private equity se trouvent des personnes, des industries et des entreprises réelles."

 

Comment le secteur peut-il être mieux compris ?

Le private equity reste trop méconnu du grand public comme des élus et des médias. Pourtant, ses origines remontent aux Rockfeller et aux Getty, à la fin des années 1800. Sa prétendue complexité réside dans le fait qu'il inclut un large éventail de stratégies et s'appuie sur des structures juridiques et financières très élaborées. On lui reprochait son opacité, or cet aspect évolue. Une des missions de la Luxembourg Private Equity Association (LPEA), créée en 2010, consiste donc à promouvoir le private equity. Les choses progressent. Les plus grands fonds choisissent le Grand-Duché comme base européenne, et les prestataires de services s'y adaptent. Nous devons toutefois parfaire la perception de la manière dont le secteur opère, telle sa supposée propension à réduire les coûts de manière brutale. Pour cela, nous démontrons que les intérêts des sociétés financées par le private equity se confondent avec ceux des investisseurs. Il existe aussi des organismes de contrôle qui en font également la promotion. La LPEA s'engage enfin à promouvoir la diversité du secteur, des groupes internationaux comme KKR, Carlyle Group et Blackstone aux petites unités finançant l'innovation et les start-up. Au Luxembourg, nous devons convaincre que le private equity créée de la valeur et contribue à l'économie entière. A nous aussi de resserrer nos liens avec les gestionnaires de patrimoine, parfois mal informés. En expliquant et en communiquant clairement sur notre mode de fonctionnement, nous inciterons les entrepreneurs locaux à faire appel au private equity.

Pourquoi faire carrière dans ce secteur ?

Après mon stage de MBA, l’opportunité s'est présentée de mettre mes compétences et mon expérience au service d'acteurs du secteur. Désormais au sein de Kharis Capital, nous nous voulons créateurs de croissance, nous intéressant à des entreprises européennes de taille moyenne spécialisées dans les biens de consommation. Nous le faisons dans le cadre d’un objectif à long terme. Ainsi, propriétaires de Quick en Belgique et au Luxembourg - et détenteurs de la franchise Burger King dans quatre pays d'Europe - nous travaillons au quotidien sur l'humain et les problèmes opérationnels, pas seulement sur le financement des structures. Nous sommes fiers de créer des emplois : 50 personnes à l'ouverture du premier Burger King de Luxembourg-Ville, en avril 2017 et 700 en Belgique. La philosophie de Kharis séduit les décideurs qui perçoivent l'investissement en private equity comme une opération de longue haleine où la convergence des intérêts s'avère essentielle. En ce sens, les relations de confiance entre parties concernées constituent la clé du succès. Cela prend du temps, certes, mais les success stories qui en résultent rendent ce challenge excitant.

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