Relativity Space : Une fusée en 60 jours

Quand la Russie a déclenché la course à l'espace avec les États-Unis en mettant le satellite Spoutnik en orbite en 1957, on a eu droit, tout au plus, à une aimable compétition de kermesse. En comparaison, l'objectif de Relativity Space de lancer ses fusées imprimées en 3D d'ici 2021 fait de la nouvelle course spatiale un sprint olympique de 100 mètres au coude-à-coude, vers Mars et au-delà.

 

Coup de pouce à l'impression de fusées en 3D

 

Les pouces de Tim Ellis restent pliés en arrière, une conséquence de sa passion pour le montage de fusées en Lego à l'adolescence. Cette fascination n'a pas faibli. Ellis a quitté son emploi d'ingénieur aérospatial chez SpaceX d'Elon Musk pour co-fonder Relativity Space avec Jordan Noone, en 2015. S’appuyant sur l'impression 3D, ils se sont dédiés à la conception, la construction et l'envoi de fusées dans l'espace. Ils comptent le faire plus rapidement, pour moins cher, et avec des charges utiles plus rentables que d’autres acteurs de ce secteur spatial privé en plein développement. À partir de leur demi-douzaine de sites de production, de test et de lancement à travers les États-Unis, ils espèrent tirer leur première fusée Terran 1 l'année prochaine. Ils ont déjà signé un contrat avec la société de téléphonie Iridium pour mettre six de ses satellites en orbite d'ici à 2023.

 “Dans 20 ans, tous les engins volants sortiront des imprimantes ; c'est inévitable" 

Vitesse stellaire

 

En utilisant des machines-outils, il fallait des années pour fabriquer une seule pièce comme l'injecteur du moteur principal de la navette spatiale américaine. Aujourd'hui, sans outillage corseté, Relativity va devenir la première plateforme aérospatiale à créer une chaîne de production automatisée de fusées. Intégrant verticalement une robotique intelligente, des logiciels et une technologie d'impression 3D pilotée par les données, l'usine Stargate de Relativity imprimera le Terran 1. Première fusée au monde imprimée en 3D, elle fera la transition de la matière première au vol en 60 jours. Non seulement la vitesse de fabrication de Relativity atteindra un niveau exceptionnel, mais elle permettra aussi de diviser par cent le nombre de pièces nécessaires pour une fusée. Cela aura pour effet de limiter les points de contact et les délais de production, et raccourcira considérablement la chaîne d'approvisionnement, tout en la simplifiant. Le procédé augmentera également la fiabilité de l’engin, tout comme il réduira les ressources terrestres utilisées pour la construction et le lancement des fusées.

 

Hier Lego, demain les étoiles

 

L’économie des ressources ne restera pas limitée à l'espace : le co-fondateur et directeur de la technologie Jordan Noone pense que "dans 20 ans, tous les engins volants sortiront des imprimantes ; c'est inévitable". Bien qu'elle n'ait pas explicitement déclenché une nouvelle course aux étoiles pour atteindre la planète rouge avant Elon Musk, dont l'objectif déclaré est une mission sur Mars, la firme nourrit des ambitions martiennes. Ellis affirme qu'une fois que Relativity aura validé ses techniques de production, elle pourra lancer des usines sur Mars pour y confectionner la large gamme de produits nécessaires là-bas. Et, si vous pouvez construire une usine autonome sur Mars, vous pouvez le faire à Manhattan, Mumbai ou Melbourne avec des implications spectaculaires pour la fabrication sur Terre.

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