Sven Rein (LuxReal) : Une classe d'actifs durable

Sven Rein, président de LuxReal depuis le mois de juin, présente les objectifs qu'il s'est fixés pour son mandat et analyse l'impact du Covid-19 sur le marché de l'immobilier au Luxembourg. Interview.

 

Pourriez-vous décrire LuxReal en quelques mots ?

 

LuxReal constitue une association interdisciplinaire sans but lucratif représentant l'industrie immobilière luxembourgeoise. Elle a vu le jour en 2009, avec pour vocation de fournir une plate-forme aux professionnels de l'immobilier, de toutes les branches du secteur. Cela inclut le développement, la transaction, l'architecture, l'ingénierie et les fonds d'investissement. Elle permet à ses membres de se connecter et d'échanger des informations, des connaissances et des expériences. En outre, LuxReal représente les intérêts communs de ses affiliés vis-à-vis des milieux d’affaires et de la politique, et cherche à établir continuellement des relations avec des groupes d'intérêts homologues, des organismes de réglementation et d'autres fédérations industrielles ou gouvernementales par le biais de partenariats aptes à faire progresser l'industrie immobilière luxembourgeoise. Le réseau professionnel de l'association la positionne comme un groupe de réflexion où les acteurs du secteur peuvent discuter des tendances de l'immobilier au Luxembourg et à l'étranger. LuxReal compte aujourd'hui près de 100 membres sympathisants et 140 membres effectifs.

 

Quels objectifs vous êtes-vous fixés en tant que président de LuxReal ?

 

En plus de 10 ans d'activité, LuxReal a atteint son objectif premier : sa reconnaissance comme l'association interdisciplinaire représentative de l'industrie immobilière luxembourgeoise. Ce rôle constitue à la fois un atout et une responsabilité. Dans cette optique, mon but est d’apporter davantage ma contribution au secteur en incarnant ses intérêts. A titre d’illustration, LuxReal participe maintenant en tant que membre au Forum européen de l'immobilier (EREF) à Bruxelles, où des efforts de lobbying auprès des décideurs politiques de l'UE se trouvent coordonnés. Nous nous sommes unis à des associations locales et internationales pour défendre nos intérêts communs ; au Luxembourg, avec l'ALFI, l'OAI, la LPEA, LuxFlag, le CNCD, entre autres ; au niveau international, avec la RICS, le GRESB et l'INREV. L'association s’est fixé récemment un autre objectif : améliorer l'offre éducative en matière d'immobilier au Luxembourg. Notre sphère d'activités représente encore une importante classe d'actifs durables, avec de multiples secteurs variés en pleine croissance, requérant une main-d'œuvre bien formée. 

“En matière d’immobilier résidentiel, nous espérons que l'augmentation de la valeur, actuellement de 5-6 %, se stabilisera à 2-3 % dans les cinq prochaines années. "

Comment voyez-vous l'évolution du marché immobilier luxembourgeois au cours des cinq prochaines années ?

 

En matière d’immobilier résidentiel, nous espérons que l'augmentation de la valeur, actuellement de 5-6 %, se stabilisera à 2-3 % dans les cinq prochaines années. Concernant les espaces de bureaux, notre marché local fait figure de pionnier dans le domaine du design et de la technologie innovants par rapport aux autres pays européens ; nous travaillons désormais en économie circulaire. Les projets d’immobilier d'entreprise sont appelés à se décentraliser en raison des carences des transports en commun et de la saturation des infrastructures autoroutières. Le parc d'affaires de demain accompagnera le flux de la future main-d'œuvre du pays.  Dans le secteur de la vente de détail, la transformation mondiale vers le commerce électronique produira un impact sur les petites et moyennes surfaces, à l'exception des marques de luxe. En outre, notre marché local évoluera vers un marché de marques internationales. Toutefois, cela ouvrira un espace pour un modèle économique de services à haute valeur ajoutée. Le consommateur oscillera entre l'acheteur en ligne et celui qui cherche à en avoir plus pour son argent. Enfin, en ce qui concerne le Covid-19, le travail à domicile pourrait ne produire un impact qu’à court terme, les employés retournant très probablement à leur bureau dans les trois prochains mois. La crise pourrait changer notre façon de vivre et de travailler à l'avenir, mais notre besoin d'interaction humaine, tant sur le plan personnel que professionnel, contribuera à atténuer tout effet négatif sur le marché immobilier luxembourgeois.

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