Thomas Steiger et Serge Karp (VP Bank (Luxembourg) SA) : Fonds et infrastructures

Thomas Steiger et Serge Karp, respectivement CEO et Head of Fund Services de VP Bank, anticipent une croissance continue pour les années à venir, notamment dans le segment des fonds de 50 à 100 millions. Interview.

Comment évoluent les activités de VP Bank ?

Thomas Steiger (TS) : 2017 fut marquée par le succès des fonds d’investissement, notamment pour les actifs de Private Equity (PE) et de Real Estate (RE). Notre objectif d’onboarding d’un fonds par mois a été atteint. Nous gérons parfois une demande de fonds chaque semaine, ce qui implique une certaine sélectivité. Nous évaluons la taille du projet, sa qualité, sa maturité et l’expérience de ses initiateurs. Nous assurons un rôle de partenaire et parfois de pédagogue afin de créer les meilleures chances de réussite. Notre expérience permet de lancer les projets qui sont prêts et de laisser le temps nécessaire aux autres pour mûrir. Il arrive souvent que les porteurs de projets ne réalisent pas toutes les implications. La complexité réglementaire génère notamment des coûts qui doivent être anticipés.​

"Nous assurons un rôle de partenaire et de pédagogue afin de créer les meilleures chances de réussite"

Proposez-vous de nouvelles solutions ?

Serge Karp (SK) : Nous avons lancé une nouvelle classe d’actif en pleine croissance, ressemblant au PE : les fonds « infrastructure ». Dans le PE, l’investissement s’effectue dans des sociétés non cotées. Dans les fonds infrastructures, comme son nom l’indique, il s’opère dans l’énergie solaire, les transports ou les hôpitaux par exemple. Cette classe permet d’obtenir des revenus réguliers – par exemple dérivés de l’électricité – souvent couplés à une composante environnementale et sociale. Ils s’adressent à des fonds de pension, aux assurances vie, aux Family Office et, en fin de chaine à des investisseurs privés. Leur attrait devrait encore croître à l’avenir, notamment en Asie où les pays émergents font face à d’importants besoins en termes d’infrastructures modernes.

Comment anticipez-vous les perspectives à moyen terme pour votre firme ?

SK : À court terme, l’avenir se dessine très positivement. Nous recevons beaucoup de demandes et la croissance devrait se poursuivre de manière soutenue. Des projets initiés il y a quelques années arrivent à maturité, et nous en récoltons les fruits. TS : Le recrutement d’experts a permis d’accompagner et d’amplifier cette croissance, et de nous installer comme un acteur majeur pour les fonds de 50 à 100 millions d’euros. Nos clients débutent la collaboration dans ce segment et nous accompagnons leur croissance. Plusieurs d’entre eux dépassent aujourd’hui les 200 millions et les plus gros dépassent les 500 millions. Il y a par exemple un fonds qui se trouvait à la limite du seuil de viabilité il y a 9 ans : il a dépassé les 100 millions en 2017 avant de franchir les 160 millions à peine trois mois plus tard ! La barre des 100 millions crée un déclic et offre une visibilité accrue. Notre positionnement en tant que one-stop shop permet à notre équipe de conseiller nos clients sur tout ce qu’il doit savoir au Luxembourg. SK : Les coûts de régulation actuels demandent des ressources, et les fonds PE/RE/Infrastructures ne sont pas standardisables : investir dans un logement social en Allemagne est très différent que dans une route en Malaisie. Nous apportons toutes les ressources et les compétences nécessaires pour ces projets hétéroclites.