Web Summit : Data Invaders

Parmi les "perturbateurs" superstar du monde de la technologie figurent des noms comme Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos et Elon Musk. Paddy Cosgrave, fondateur du Web Summit, dont la 9eme édition s'est tenue à Lisbonne en novembre dernier, adopte un profil plus discret.

 

Un ton différent

Le Web Summit, fondé par Paddy Cosgrave en 2009, a été décrit par Inc Magazine comme « ... la plus grande conférence technologique au monde ». Forbes le qualifie de « meilleure conférence technologique de la planète », Politico de « Jeux Olympiques de la tech », tandis que le Guardian le nomme le « Glastonbury pour geeks ». Malgré les éloges des médias, ni le Web Summit ni Paddy Cosgrave ne sont des noms très connus, à part dans son Irlande natale. 70.469 participants venus de 163 pays se sont réunis cette fois à Lisbonne pour écouter une vaste gamme d’orateurs.

Eric Cantona, par exemple, a présenté Common Goal - une organisation caritative rassemblant la communauté du football face au changement social mondial. Le panel proposait des profils variés allant de Margrethe Vestager, la croisée des données et des taxes sur les GAFAM, Michel Barnier, négociateur principal de Brexit et Wladimir Klitschko, ancien champion du monde de boxe et désormais spécialiste en gestion des défis.

« Sous couvert d’exploitation des données, elles exploitent le citoyen »

 

Perturbateur en chef ?

D'autres conférenciers, de Huawei, Google et Amazon, ont disserté sur les dernières avancées technologiques, mais se sont vu voler la vedette par Edward Snowden. L’homme a accédé à la notoriété comme lanceur d’alerte, au sujet des pratiques d'espionnage des États-Unis et du Royaume-Uni visant leurs propres citoyens. Dans son allocution, M. Snowden a insisté sur le fait que tous les navigateurs et fournisseurs de services constituent des institutions de pouvoir auxquelles le public ne devrait pas faire confiance. "Sous couvert d’exploitation des données, elles exploitent le citoyen." Il a ajouté que le règlement de l'Union européenne sur la protection des données (RGPD) a jeté une bonne base, mais il suggère de se focaliser plutôt sur leur collecte que sur leur protection. Tony Blair a admis que les entreprises Internet ont réalisé des progrès substantiels, mais « la technologie a concentré le pouvoir dans les mains d'un nombre limité de sociétés agissant trop souvent maladroitement et sans légitimité suffisante ». Brittany Kaiser, autre lanceuse d’alerte et ancienne employée de la société de gestion de données Cambridge Analytica, totalement discréditée aujourd’hui, a aussi pris la parole. Elle plaide en faveur d’une éducation à la culture numérique, essentielle pour protéger les données en ligne.

Tisser des liens

Le Web Summit, comme les autres congrès du genre, reste un lieu de réseautage et de forums de discussion. Son véritable objectif consiste à tisser des liens entre les 2.150 start-up technologiques, en phase alpha, bêta, ou en expansion, avec les 1.221 investisseurs à la recherche de bons plans. Nutrix est ressorti comme l’un des grands bénéficiaires du rendez-vous de Lisbonne. Cette start-up basée à Bâle (Suisse), a mis au point un capteur bon marché et peu intrusif permettant aux diabétiques de surveiller le taux de glucose dans leur salive. L'entreprise a obtenu un financement de 1,16 million d'euros. Le lancement de l'Autonomous Drivers Alliance a constitué un autre temps fort. L’association vise à établir des normes internationales de surveillance des logiciels d'intelligence artificielle pilotant des véhicules autonomes. Selon l'Alliance les " conducteurs IA " devraient se voir soumis aux mêmes normes juridiques que les automobilistes humains.

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