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Nevan Redmond, Global Head of Trust & Depositary et PDG chez BNY Luxembourg, revient sur la croissance de la banque au Luxembourg, l’impact des nouvelles technologies et le rôle stratégique du pays. Interview.
Pouvez-vous nous raconter votre parcours en quelques mots ?
BNY s’est implantée au Luxembourg en 1998 et y a constitué son entité bancaire en 1999. Depuis, l’activité est devenue une composante importante de notre réseau international d’asset servicing, centrée sur les structures de fonds traditionnelles et alternatives. Aujourd’hui, avec une équipe de plus de 230 personnes, le Luxembourg est un centre majeur de nos activités. Mon parcours s’est construit en parallèle de cette présence. J’ai débuté ma carrière à peu près au même moment, ce qui me ramène à plus de trois décennies dans l’industrie européenne des fonds. J’ai commencé dans la construction de portefeuilles et l’ingénierie financière, avant de passer au prêt de titres et à l’arbitrage sur actions, puis d’occuper un poste auprès d’un régulateur, avant de revenir aux services de dépositaire. Cette expérience m’a donné une perspective précieuse sur la gouvernance et la résilience, et m’a rendu heureux de rejoindre BNY l’an dernier comme Global Head of Trust and Depositary, puis, plus récemment sous réserve d'approbation réglementaire, comme PDG chez BNY Luxembourg.
« Pour nous, l’IA augmente les personnes, elle ne remplace pas le jugement. »
Comment les nouvelles technologies façonnent-elles les activités de BNY ?
Les nouvelles technologies façonnent nos activités de façon profonde et concrète. Pour une banque de plus de 240 ans, l’évolution fait partie de notre ADN, et nous appliquons la technologie là où elle renforce l’infrastructure des marchés et apporte de la valeur aux clients. Deux domaines comptent particulièrement : les actifs numériques et notre stratégie d’IA d’entreprise. Sur les actifs numériques, le principe clé est la coexistence. Nous ne voyons pas les modèles fondés sur la blockchain comme un remplacement immédiat des systèmes traditionnels, mais comme des écosystèmes qui se développent en parallèle. La tokenisation est significative par son potentiel de réduction des frictions sur le règlement, la tenue de registres et le rapprochement. Au Luxembourg, nous accompagnons les fonds tokenisés via la comptabilité de fonds, l’administration, l’agent de transfert et la distribution. Sur l’IA, notre plateforme Eliza donne aux équipes des outils et des données approuvés dans un cadre sécurisé et indépendant des modèles, et l’adoption a été forte. Pour nous, l’IA augmente les personnes, elle ne remplace pas le jugement ; la responsabilité et la relation client demeurent entre les mains de nos équipes.
Quelle importance le Luxembourg revêt-il dans votre présence internationale à l’avenir ?
Le Luxembourg est, et restera, une composante importante de notre présence internationale. C’est un élément central de notre réseau européen d’asset servicing, qui reflète la solidité du marché local et le rôle du pays au sein du système financier mondial. Son importance tient à la position du Luxembourg parmi les principales domiciliations de fonds au monde. Nombre de nos clients internationaux, gestionnaires d’actifs, propriétaires d’actifs et sponsors, utilisent des structures luxembourgeoises pour atteindre les investisseurs dans de multiples juridictions. Cela en fait un marché très pertinent pour la distribution transfrontalière et un service robuste, dans un environnement réglementaire bien établi. Nous constatons aussi un intérêt croissant des clients et des prospects pour notre offre luxembourgeoise, en particulier dans les domaines qui embrassent la tokenisation. La juridiction s’est montrée ouverte à l’innovation tout en maintenant des standards élevés de gouvernance et de confiance des investisseurs. Surtout, le Luxembourg nous maintient proches des clients, sur un marché influent, sophistiqué et connecté à l’international.