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Shiva Dustdar (EIB Group): Accélérer les scale-ups européennes

Shiva Dustdar (EIB Group): Accélérer les scale-ups européennes

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Shiva Dustdar, Directrice des relations du Groupe BEI au Luxembourg, explique le rôle de la banque dans le financement de l'innovation, le soutien aux scale-ups européennes et le renforcement des liens avec l'écosystème technologique luxembourgeois en pleine croissance.

Quel rôle joue le Groupe BEI dans le développement économique européen ?

Le Groupe BEI réunit deux institutions : la Banque européenne d'investissement et le Fonds européen d'investissement. Les deux fonctionnent comme instruments de l'Union européenne, détenus par les vingt-sept États membres et basés au Luxembourg depuis 1957. Notre mission se concentre sur le renforcement de la compétitivité européenne à long terme par un financement stratégique. L'an dernier marque un record avec cent milliards d'euros déployés dans des secteurs prioritaires. L'action climatique forme un pilier central, soixante pour cent de notre activité se consacrant à la technologie climatique et à la transition énergétique. La transformation numérique, la souveraineté technologique et la sécurité façonnent aussi nos priorités d'investissement, car l'Europe doit renforcer sa résilience dans un environnement géopolitique exigeant. Une autre dimension majeure concerne le soutien aux PME via le Fonds européen d'investissement. L'économie européenne repose fortement sur les PME et les entreprises innovantes, mais l'Europe peine moins à créer des startups qu'à les aider à passer à l'échelle. À travers des initiatives telles que l'European Tech Champions Initiative, le FEI investit dans des fonds de capital-risque capables de soutenir les entreprises durant leur phase la plus gourmande en capital. Des fonds plus grands peuvent proposer des tickets d'investissement supérieurs à cent millions d'euros, rareté relative en Europe. Sans profondeur financière suffisante, les entreprises prometteuses partent souvent vers les États-Unis ou d'autres marchés mondiaux. Renforcer l'écosystème européen du scale-up reste donc un objectif stratégique clé. Les premiers résultats démontrent déjà une forte dynamique, avec plusieurs licornes émergeant de fonds soutenus par cette initiative.

Comment le Groupe BEI a-t-il soutenu l'économie luxembourgeoise jusqu'ici ?

Beaucoup d'observateurs sous-estiment l'ampleur de l'activité de la BEI au Luxembourg, malgré notre siège implanté ici. Au cours des cinq dernières années, le financement injecté dans l'économie nationale atteint environ six cents millions d'euros. Une part significative inclut trois cents millions alloués à SES, opérateur satellite phare du Luxembourg et acteur stratégique du secteur mondial de la connectivité spatiale. Au-delà des grands groupes, notre objectif inclut également le soutien aux entreprises innovantes capables de façonner les industries émergentes. Nous avons récemment signé un financement en venture debt avec OQ Technology, une startup qui développe des solutions de connectivité sécurisées combinant 5G et Internet des Objets. Ce financement apporte un capital patient permettant à la société d'accélérer son expansion tout en conservant son autonomie stratégique. Autre exemple : Artec 3D, scale-up basée au Luxembourg et spécialisée dans les technologies avancées de numérisation 3D. Notre facilité de venture debt de quinze millions d'euros soutient sa croissance internationale et renforce son leadership technologique. Le venture debt représente un instrument important, car les entreprises innovantes atteignent fréquemment un stade où le financement en fonds propres ne peut plus soutenir seul le développement, tandis que les banques traditionnelles hésitent encore à prêter. Le Groupe BEI peut intervenir plus tôt grâce à des arrangements de partage de risque avec les institutions européennes. L'infrastructure publique forme également une composante clé de notre engagement. Le financement de projets comme le tram, l'infrastructure ferroviaire et le développement urbain durable améliore la mobilité, l'efficacité énergétique et l'inclusion sociale à travers le Luxembourg.

« Le Luxembourg se réinvente continuellement. »

Comment renforcer les connexions entre le Groupe BEI et l'écosystème d'innovation luxembourgeois ?

Mon nouveau rôle se concentre précisément sur ce renforcement. Après plus de vingt-trois ans à la BEI à travailler sur le financement de l'innovation à travers l'Europe, j'ai toujours reconnu le fort potentiel de l'écosystème luxembourgeois. Le pays démontre régulièrement sa capacité à se réinventer, via les services financiers, les activités spatiales ou les secteurs technologiques émergents. Les relations jouent un rôle important, et mon objectif consiste à rendre le Groupe BEI plus visible et plus accessible aux entrepreneurs, investisseurs et décideurs publics. Les services de conseil représentent l'une des ressources les plus précieuses et pourtant les moins connues. Des centaines d'ingénieurs et d'économistes au sein de la BEI analysent des projets partout dans le monde et fournissent un benchmarking que peu d'organisations peuvent répliquer. Leur expertise aide gouvernements et entreprises à évaluer des stratégies, comparer des technologies et structurer de grandes initiatives d'infrastructure. Le Luxembourg collabore déjà avec nous sur plusieurs sujets, notamment l'économie circulaire, le développement spatial et le calcul haute performance. Pour l'avenir, des secteurs comme la cybersécurité, les technologies quantiques, l'intelligence artificielle et les technologies de santé offrent un fort potentiel, surtout combinés à l'écosystème spatial luxembourgeois en expansion. À travers des initiatives comme TechEU, la BEI s'est engagée à hauteur de soixante-dix milliards d'euros pour soutenir l'autonomie technologique européenne avant fin 2027, mobilisant potentiellement plus de deux cent cinquante milliards d'euros d'investissement total.

ANDY

andyaluxembourg.com
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