Jérôme Bloch (360Crossmedia) : Les RH à l'ère du numérique

Le digital envahit tous les services d'une entreprise, mais à des vitesses différentes. Les Ressources Humaines, en tant que rouage essentiel du recrutement et de la motivation font souvent figure de pionniers dans leur firme et déclinent de multiples applications. Jérôme Bloch, PDG de 360Crossmedia, détaille cette révolution culturelle.Comment les Ressources Humaines sont-elles impactées par le digital ?

Elles figurent parmi les secteurs les plus touchés et s’engagent donc dans une véritable transformation. Un état des lieux dans d'autres départements, notamment l'opérationnel et les ventes, permet d'observer que le digital y relève encore souvent du fantasme. Dans les esprits rôde le spectre de la machine toute puissante volant le travail des uns et le savoir-faire des autres, alors que sur le plan des RH, en revanche, les bénéfices deviennent immédiatement visibles. Je pense par exemple au réseau LinkedIn où chacun effectue désormais ses recrutements à moindre coût, mais des adaptations plus profondes permettent de capitaliser encore d’avantage sur les avantages des RH à l’ère du numérique.

“Désormais l'employé choisit son employeur, et non plus l’inverse.”

 

A quelles adaptations pensez-vous ?

D'abord à la communication. Le temps où les candidats envoyaient leur CV plus ou moins aveuglément paraît bien révolu. Pour les entreprises, par conséquent, posséder un joli site Internet ou une page sur LinkedIn ne suffit plus. Désormais, l'employé choisit son employeur et non l'inverse. Il devient donc nécessaire de communiquer vers l’extérieur – pour attirer les candidats – et vers l’intérieur, pour former, informer et surtout motiver. Les premiers jours de l’intégration des nouveaux employés jouent un rôle critique dans ce processus car ils permettent de transmettre les valeurs de l’entreprise à la recrue, tout en la confortant dans son choix. Des outils digitaux permettent d’optimiser ce processus. Ensuite, le management des carrières peut influencer dramatiquement le KPI le plus important : la rétention du personnel. Il ne s’agit pas simplement de faire évoluer un salaire, mais également d’assurer des formations et de fournir une reconnaissance du travail accompli sur des critères tangibles. A l’époque des réseaux sociaux, des promotions basées sur des critères subjectifs se retrouvent souvent clouées au pilori digital.

La digitalisation transforme donc la culture de l'entreprise ?

Absolument, d'autant que le troisième aspect de l'adaptation en cours, l’IT, rend le travail globalement plus intéressant en réduisant les tâches rébarbatives et en offrant des possibilités pour gagner en compétence notamment via le co-learning. Il suffit d’observer comment les banques passent d’un fonctionnement extrêmement lourd à un système inspiré par les méthodes des start-ups pour s’en convaincre. Les RH bénéficient largement de ces changements : nous avons récemment aidé une banque à créer une App pour piloter la carrière de ses employés et dans plusieurs autres firmes, nous avons mis en place un outil d’intégration dans l’entreprise inspiré des « parcours clients » existant dans le commerce. Car au final, un employé s’apparente effectivement à un client ! Lorsqu’il s’estime satisfait, il se transforme en véritable ambassadeur, vantant les mérites de son employeur à sa familles, à ses amis et à ses anciens collègues, qui deviennent de plus en plus souvent de nouveaux collègues.

© 360Crossmedia

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