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Jean-Noel Lequeue (JNL): Compliance, coûts et compétitivité

Jean-Noel Lequeue (JNL): Compliance, coûts et compétitivité

Jean-Noel Lequeue (JNL): Compliance, coûts et compétitivité

Jean-Noël Lequeue, fondateur de JNL, analyse l'évolution de la fonction compliance au Luxembourg, les risques réglementaires pour les PME financières et plaide pour un audit global du secteur.

Comment évolue aujourd'hui la compliance au Luxembourg?

La fonction compliance au Luxembourg évolue positivement. D'abord, elle est désormais reconnue à sa juste valeur, alors qu'elle n'a intégré la loi luxembourgeoise que depuis une dizaine d'années. Elle s'est aussi considérablement professionnalisée, grâce notamment aux formations et aux travaux de l'ALCO (Association Luxembourgeoise des Compliance Officers), dont les groupes de travail produisent des documents mis à disposition de l'ensemble des membres. Ce que l'on observe également, c'est une explosion des responsabilités et des besoins. Les équipes grossissent, les salaires ont fortement progressé, mais cette croissance rapide génère un effet pervers: plus les effectifs augmentent, plus il devient difficile de transmettre les compétences aux plus jeunes. Le risque est réel de voir se diluer la qualité même de la fonction, au moment où ses exigences n'ont jamais été aussi élevées. En cas de manquement grave, notamment en matière de lutte contre le blanchiment, les conséquences peuvent être très lourdes à titre personnel pour le compliance officer.

« Je ne comprendrai pas que la CSSF n'utilise pas également l'intelligence artificielle pour les dossiers d'autorisation. »

Quels risques et opportunités identifiez-vous pour le Luxembourg?

Le poids des charges réglementaires a augmenté de façon exponentielle depuis dix ans, sans signe d'essoufflement. Pour les grandes structures, ces coûts s'absorbent sans difficulté et deviennent même un argument commercial. Pour les PME du secteur financier, sociétés de gestion ou entreprises d'investissement, la situation est bien différente: les moyens sont plus limités et la réglementation pèse proportionnellement beaucoup plus lourd. On observe d'ailleurs que bon nombre de ces petites structures fusionnent entre elles pour mutualiser des coûts qu'elles ne parviennent plus à assumer seules. Le résultat est une réduction de la concurrence, une offre de services qui se contracte et des tarifs qui montent. Face à ces risques, les opportunités existent, et la plus significative réside dans l'évolution technologique. L'intelligence artificielle et la blockchain peuvent transformer en profondeur certains pans du secteur, notamment dans l'univers des fonds. Claude Marx lui-même a déclaré ne pas comprendre que l'IA ne soit pas davantage utilisée en matière de lutte contre le blanchiment. Je partage ce point de vue, et j'ajouterais que la CSSF aurait tout intérêt à l'intégrer dans le traitement des dossiers d'autorisation, où les délais et l'absence de visibilité restent une source de frustration réelle pour les acteurs du marché.

ANDY

andyaluxembourg.com
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