Olivier Maréchal et Vincent Dron, cofondateurs de We Put You In Touch (WPYiT), expliquent la nouvelle donne pour les consultants indépendants.
Le consulting indépendant recouvre plusieurs réalités. Certains opèrent en renfort opérationnel, captifs de structures de placement. D’autres sont de vrais experts sur des domaines de niche très pointus, qu’aucune société n’emploie à plein temps. Un troisième segment réunit les consultants en transformation et en management, des profils seniors et expérimentés. Certains sont passés à l’indépendance après une transition professionnelle difficile, faute de se repositionner au même niveau. Pour beaucoup, c’est un vrai choix : après des années en grande structure, ils préfèrent construire une trajectoire professionnelle selon leurs propres termes. On voit aussi des profils plus jeunes qui démarrent en entreprise, puis optent rapidement pour l'indépendance — moins par rejet que par recherche d'un rapport au travail plus aligné avec leurs priorités. Aux États-Unis, ce statut est beaucoup plus fréquent, socialement reconnu et mieux rémunéré. EY y a par exemple créé GigNow, une plateforme qui source des indépendants pour ses propres missions. Le Luxembourg suit, avec un temps de retard culturel, mais la direction est claire.
Pas l’expertise, ils l’ont déjà. La vraie difficulté : transformer une expertise métier en activité commerciale. En entreprise, vous disposez de supports, de commerciaux, d’une comptabilité, de RH, et vous n’avez jamais besoin de vendre. Seul, vous devez tout gérer. Cela commence par formaliser son offre : définir ce qu'on vend vraiment, construire une proposition de valeur claire à partir d'une expérience accumulée sur des années. Vient ensuite la question du prix, puis l’acquisition de clients, où beaucoup peinent, car le réseau se limite souvent à quelques anciens employeurs. La solitude pèse aussi : échanger avec des pairs devient difficile quand on sort d'un environnement structuré. C'est ce que We Put You In Touch cherche à changer : ouvrir un réseau plus large, équiper les consultants via notre partenariat avec Cigno, et créer des communautés où les indépendants peuvent unir leurs forces.
« Avec l’IA le consultant indépendant n’est pas remplacé mais augmenté : c’est un peu la différence entre Terminator et Iron Man »
De plusieurs façons. Les gains immédiats sont réels mais limités si on s'arrête à automatiser quelques tâches, gagner du temps sur la mise en forme ou accélérer la collecte d'information. L'IA devient vraiment utile quand elle s'intègre dans la façon de travailler : structurer une mission, formaliser des livrables, maintenir une méthodologie cohérente d'une mission à l'autre. C'est le sens de notre partenariat avec Cigno, société dédiée au consulting : l’outil fournit structure et méthodologie, les données restent stockées de façon sécurisée, et le consultant peut se concentrer sur sa valeur ajoutée : le jugement, l'expérience, la connaissance du métier du client. Un outil généraliste ne suffit pas : il faut une plateforme conçue pour le conseil, qui permet à un indépendant de produire au niveau d'un grand cabinet. Avec l'IA, le consultant n'est pas remplacé, il est augmenté. C'est toute la différence entre Terminator et Iron Man.